Strava n’est pas une appli de sport comme les autres.
Depuis plusieurs mois, la plateforme multiplie les initiatives pour faire régner l’éthique dans la course à pied et le trail. L’une des plus marquantes ? Le développement de son propre outil de détection de triche basé sur l’IA, capable de repérer les faux segments, les tricheurs aux KOM, et même les cas de dénivelé artificiel. Une technologie pensée pour “rétablir la justice entre les athlètes”, selon les mots de l’équipe produit. Le message est clair : Strava veut que l’effort soit vrai, transparent et respectueux.
Mais cette exigence ne s’arrête pas à ses utilisateurs. Elle s’applique aussi à ses propres salariés. Début décembre 2025, la plateforme a licencié une cadre supérieure après la diffusion virale d’une vidéo montrant une violente altercation dans un restaurant. Un geste fort, qui va bien au-delà du simple fait divers.
La vidéo de cette employée de Strava agressant physiquement et verbalement le personnel d’un restaurant à San Francisco
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Tout part d’une scène filmée à San Francisco : une cliente s’énerve contre le personnel d’un restaurant puis en vient aux mains. Les images sont brutales. La femme est rapidement identifiée : il s’agit de Shireen Afkari, alors senior manager en charge du growth marketing chez Strava.
La vidéo, postée sur plusieurs réseaux sociaux, dépasse rapidement le million de vues. Strava, dans une période déjà sensible sur le plan de l’image, ne tergiverse pas. L’entreprise confirme officiellement son licenciement :
« Nous sommes au courant d’un comportement extrêmement préoccupant survenu en dehors du cadre professionnel. Ce comportement ne reflète pas les standards que nous attendons de notre équipe. »
La réponse officielle de Strava

L’affaire aurait pu être étouffée. Elle ne l’a pas été. Strava a choisi de communiquer clairement, via ses réseaux sociaux, sans détour. Ni justification, ni tentative de relativiser. Simplement un fait : une ligne a été franchie, et la sanction tombe.
Ce positionnement tranche avec d’autres entreprises tech, parfois plus lentes à réagir ou enclines à ménager leur image interne. Ici, Strava acte son attachement à des valeurs fortes : respect, non-violence, exemplarité. Et ce, qu’il s’agisse d’un utilisateur lambda… ou d’un membre de son staff.
Pourquoi cette affaire concerne aussi les traileurs
De nombreux traileurs utilisent Strava quotidiennement. Ils y enregistrent leurs sorties, analysent leurs performances, comparent leurs D+, partagent leurs objectifs. Pour eux, Strava est bien plus qu’un simple carnet d’entraînement. C’est un écosystème. Un réseau social. Une vitrine. Et un outil de reconnaissance dans la communauté.
Quand la plateforme s’engage contre la triche ou valorise les efforts réels, elle touche directement aux valeurs du trail. Authenticité, effort juste, respect des autres et de soi. C’est aussi pour cela que cette affaire dépasse le cadre RH : elle montre que Strava applique à elle-même les principes qu’elle impose à sa communauté.
Il faut aussi rappeler le contexte. Strava traverse une période compliquée :
- des critiques sur la monétisation à outrance,
- des décisions mal vécues sur la gestion des données,
- des tensions ouvertes avec Garmin,
- et une réputation fragilisée sur certains forums (notamment Reddit).
Dans ce climat, tout bad buzz est une menace directe. En sanctionnant immédiatement un comportement jugé inacceptable, Strava coupe court à l’emballement. Et évite de devenir la marque qui prêche l’exemplarité sans se l’appliquer.
En résumé, le cas Afkari est donc plus qu’un fait divers.
C’est une mise en application brutale mais cohérente d’un cap que Strava s’est fixé depuis des mois : redonner du sens, de la valeur, et de l’honnêteté à la performance sportive.
Et dans un monde où tout peut se filmer, se partager, et se juger en quelques clics, l’exemplarité est devenue un outil stratégique, au même titre que les algorithmes ou les montres connectées.
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