Winter Spine Race 2026 : A 60h de course, la hiérarchie s’installe
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Partie dimanche à 8 h (heure locale), la Winter Spine Race 2026 a désormais dépassé les soixante heures de course.
À ce stade, l’épreuve a changé de nature. La phase d’écrémage est derrière nous, les abandons ont fait le tri, et la course est entrée dans un temps plus lisible, où les écarts ne se créent plus par des coups d’éclat, mais par la capacité à maintenir une dynamique stable dans la durée.
Roselló toujours en tête, engagé dans la dernière grande section
En tête de course, Eugeni Roselló Solé poursuit sa progression vers le nord. Il a passé Greenhead (mile 224) après un peu plus de 58 heures de course et se trouve actuellement engagé dans la dernière grande section avant l’enchaînement final des checkpoints du Northumberland.
Ses splits depuis le départ confirment une course solide et régulière. En dehors du passage de Malham Tarn, difficile pour l’ensemble du peloton, Roselló a enchaîné des segments compris majoritairement entre 6 h et 7 h, sans dérive majeure. Cette constance lui a permis de construire son avance dans la première moitié de course, puis de la préserver dans des conditions de plus en plus exigeantes.
Pour autant, la comparaison historique invite à la prudence. À la même échéance horaire, Jack Scott se trouvait plus au nord encore lors de son record. Roselló n’est donc pas engagé dans une course contre l’histoire, mais bien dans une gestion fine de son effort pour mener cette édition à son terme.
À la lumière de ses splits jusqu’à Greenhead, la projection situe son arrivée dans une fenêtre comprise entre 87 et 92 heures de course, avec un scénario central autour de 89 heures, sous réserve d’une gestion du sommeil similaire à celle observée jusque-là.
Raichon solidement installé à la deuxième place


Derrière, Sébastien Raichon poursuit une course d’une grande lisibilité. Il a atteint CP4 Alston (mile 184) mardi à 19 h 46, où il a observé une phase de repos. Ce passage marque un tournant clair : Raichon a consolidé sa deuxième place et creusé un écart significatif avec le troisième.
Là où il faisait encore jeu égal avec James Hargreaves à la sortie de CP3, l’écart est désormais de près d’1 h 30. À ce stade de la Spine, une telle différence ne relève plus d’une simple variation de rythme, mais traduit une dynamique distincte depuis l’entrée dans la seconde moitié du parcours.
L’analyse de ses splits est révélatrice. En dehors d’un passage plus lent à Malham Tarn, Raichon a enchaîné des segments remarquablement stables, majoritairement compris entre 6 h 30 et 8 h 30, sans effondrement progressif. Sa courbe de vitesse confirme cette impression : peu de pics, peu de ruptures, mais une continuité quasi permanente, y compris après les phases de repos.
Sur cette base, et compte tenu des segments restant à parcourir, la projection situe son arrivée dans une fenêtre comprise entre 97 et 105 heures, avec un scénario central autour de 100 heures de course. Une estimation cohérente avec son profil et la structure de la fin de parcours.
Conditions difficiles et usure progressive
Les conditions rencontrées ces dernières heures ont encore durci la course. Dans une vidéo transmise depuis le parcours, Raichon décrit une situation devenue compliquée dès la matinée : pluie persistante, froid marqué et vent sur les secteurs exposés. Pour continuer à avancer, il a superposé les couches jusqu’à enfiler un sac poubelle par-dessus sa veste et sa doudoune, une solution de fortune révélatrice des conditions rencontrées.
Cette pluie continue détrempe les chemins, rend les appuis incertains et complique la gestion thermique. Sans provoquer de ruptures spectaculaires, elle accentue l’usure et rend chaque arrêt plus délicat, notamment lorsque les températures chutent sur les hauteurs.
Course féminine : Antila reprend l’ascendant
Chez les femmes, la situation a de nouveau évolué. Johanna Antila a repris la tête du classement féminin et creusé un écart notable sur Anna Troup, après une longue phase de course commune. Là encore, la Spine rappelle sa logique : les dynamiques collectives finissent souvent par se rompre lorsque la fatigue s’installe et que chacun doit composer avec son propre rythme.
À ce stade, le bilan est déjà lourd : 53 abandons ont été enregistrés.
La Winter Spine Race 2026 a fait le tri. Ceux qui sont encore en course évoluent désormais dans un peloton clairsemé, avec une hiérarchie plus lisible qu’aux premières heures.
Pour autant, rien n’est définitivement joué. La fin de parcours, entre Greenhead, Bellingham, Byrness et les derniers abris avant l’arrivée, reste traditionnellement lente et exigeante. Les écarts se construiront moins sur la vitesse que sur la capacité à enchaîner les heures sans rupture, à gérer le sommeil et à continuer à avancer dans des conditions qui ne laissent aucune place à l’approximation.
La course est entrée dans sa dernière phase. Celle où l’endurance, au sens le plus large du terme, fait la différence.
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