Ils se battent pour un dossard en mars… avant de le revendre en novembre : le paradoxe SaintéLyon
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Ça fait toujours de l’effet que voir que la SaintéLyon a vendu la quasi-totalité des dossards pour ses courses en moins d’une heure. Ce mardi 17 mars à 13 heures, tous les amoureux des nuits boueuses et de la frontale se sont donnés rendez-vous.
Autant cela impressionne, autant cela permet à l’organisation de s’enorgueillir de sa réputation, de son aura et de son prestige, autant c’est complètement idiot de devoir prendre un dossard avec tant d’avance. Le grand gagnant là-dedans, c’est encore une fois l’organisation.
Le business de la bourse d’échange
L’organisation de la SaintéLyon met en place un système de bourse d’échange des dossards. C’est une façon sécurisée de transférer son dossard jusqu’à quelques jours avant la course, en évitant les annonces sauvages, les prix douteux et les risques d’arnaque.
Évidemment, pour celui qui se fait rembourser le dossard cédé à un autre coureur, il y a une perte de quelques euros, à savoir ceux des frais de transaction et des frais de gestion. Partez facilement sur une quinzaine d’euros de perdus. C’est un moindre mal, et c’est aussi une manière pour l’organisation d’encadrer ces échanges sans les laisser dériver complètement hors de son circuit (et de récupérer quelques euros au passage).
L’effet pervers de cette bourse, c’est qu’elle pousse presque à prendre son dossard très tôt. Après tout, si vous ne pouvez finalement pas vous aligner, vous savez qu’il y aura probablement quelqu’un pour le récupérer. Car si les 20 000 dossards ont trouvé preneur en 1 heure, il y a eu encore plus de déçus qui, déjà, n’attendent plus qu’une chose : que la bourse soit ouverte pour enfin avoir le fameux sésame qui donne le droit de courir au milieu d’autres frontales dans le froid et l’humidité d’un mois de décembre entre Saint-Etienne et Lyon.
Au-delà du principe de la bourse d’échange mise à disposition, les inscriptions se font si tôt dans l’année car elles permettent tout simplement le financement de toute l’organisation. Même si la SaintéLyon c’est 1200 bénévoles, c’est aussi une organisation coûteuse en infrastructure qu’il faut pouvoir financer. Pas de miracle sur ce plan-là, ce sont les inscriptions des coureurs qui permettent à l’événement d’exister.
Acheter un dossard pour courir ? Pas sûr
On pourrait penser que l’on achète un dossard, à la SaintéLyon ou autre part, pour y courir. C’est de moins en moins sûr. Aujourd’hui, on achète aussi un dossard pour se laisser la possibilité de courir.
Au mois de mars, alors que l’on ne demande qu’à pouvoir faire plus de sorties, que l’on est en forme, que le soleil revient et que les journées s’allongent, on se sent pousser des ailes. Mais au mois de novembre, en fin de saison, en hiver dans le froid, et avec des conditions météorologiques hasardeuses, on est déjà moins sûr d’y aller. On ne parle pas de faiblesses et de fausses excuses. On est tout simplement sur une lancée différente en fin d’année. Mais puisque l’on sait pertinemment qu’il n’y aura plus de place, alors on achète le dossard. On se donne la possibilité d’y être, sans en avoir aucune idée.
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