En Autriche, un verdict rendu cette semaine provoque une onde de choc bien. Thomas Plamberger, un alpiniste de 39 ans a été condamné à cinq mois de prison avec sursis et à une amende de 9600 euros pour avoir abandonné sa compagne, morte de froid près du sommet du Grossglockner en janvier 2025.
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La qualification retenue par la justice autrichienne est celle d’homicide involontaire par négligence grave. Une décision qui suscite incompréhension, colère et débats passionnés, notamment sur les réseaux sociaux.
Le Grossglockner : le lieu du drame en montagne à 3 750 mètres d’altitude
Le drame s’est joué sur le Grossglockner, point culminant de l’Autriche. Le couple s’était engagé sur une voie d’altitude par conditions hivernales. En soirée, ils se retrouvent bloqués à quelques dizaines de mètres du sommet, dans le froid, le vent et l’obscurité.
Selon l’enquête, alors que la situation se dégrade, aucun appel de détresse immédiat n’est lancé malgré le passage d’un hélicoptère dans la zone. Les deux alpinistes restent immobilisés plusieurs heures dans des conditions extrêmes.
Au cœur de la nuit, l’homme décide finalement d’entamer la descente seul. Il laisse sa compagne sur place, affaiblie, en hypothermie et incapable de poursuivre. Ce n’est qu’après avoir commencé à redescendre qu’il contacte les secours alpins, tardivement, puis coupe son téléphone en le mettant en mode silencieux.
Entre-temps, la jeune femme, épuisée et désorientée par le froid, demeure exposée sur l’arête glacée. Elle succombe dans la nuit. Son corps sera retrouvé le lendemain matin, à une cinquantaine de mètres du sommet.
L’accusé a soutenu qu’il était descendu chercher de l’aide et qu’il s’agissait d’un accident tragique. Le tribunal a retenu la négligence grave, mais pas l’intention de tuer.
La communauté très en colère par la peine, jugée trop faible
Cinq mois de prison avec sursis. Autrement dit, aucune incarcération ferme si aucune nouvelle infraction n’est commise pendant la période probatoire. À cela s’ajoute une amende de neuf mille six cents euros.
Sur les réseaux sociaux, la réaction est massive : « cinq mois pour une vie », « condamnation pour un vol de vélo », « justice laxiste ».
Beaucoup s’interrogent sur la différence entre homicide involontaire et meurtre. D’autres parlent de féminicide. Certains rappellent qu’en montagne, les décisions se prennent dans des conditions extrêmes, où la survie personnelle entre aussi en ligne de compte. Le droit pénal autrichien distingue l’intention de tuer de la négligence. Pour qu’il y ait meurtre, il faut prouver une volonté homicide. En l’absence d’éléments démontrant une intention délibérée de provoquer la mort, les juges ont retenu la faute grave, mais pas l’assassinat.
À plus de 3000 d’altitude, par températures négatives et vents violents, chaque minute compte. Les secours peuvent être retardés. Les choix sont parfois tragiques. Certains alpinistes rappellent que sur des sommets comme l’Everest, il arrive que des cordées soient contraintes de laisser un compagnon derrière elles pour ne pas mourir à leur tour. D’autres soulignent qu’ici, l’ascension était planifiée, que la victime était moins expérimentée et que l’organisation de la sortie relevait du compagnon.
En résumé, la question centrale reste celle de la responsabilité
Quand on emmène quelqu’un en haute montagne, jusqu’où va l’obligation de protection ?
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