Yukon Arctic Ultra 2026 : quand les locaux disent non
Aucun coureur canadien inscrit à pied sur le 600 km
Dimanche prochain débute le Yukon Arctic Ultra, considéré comme l’une des courses les plus froides et difficiles au monde. Pourtant, à quelques jours du départ, le constat est surprenant : aucun Canadien n’est inscrit à pied sur la distance reine de 600 kilomètres.
Au Canada, on vient de battre plusieurs records de froid cet hiver. Les accumulations de neige sont impressionnantes d’un océan à l’autre. C’est un hiver particulièrement difficile. On pourrait croire que les Canadiens, habitués au froid et aux conditions extrêmes, seraient les premiers à relever le défi du Yukon. Mais ce n’est pas le cas cette année.
Un seul Canadien sur le 600 km, en fatbike
Le seul nom canadien qui apparaît sur le 600 km est celui de Thomas Miller, qui fera le parcours en fatbike et non à pied. Pour la course à pied, ce sont les Français qui dominent les inscriptions. Guillaume Grima a d’ailleurs récemment partagé une photo sur Instagram avec les représentants français qui seront présents, dont Paul Clément et Thierry Corbarieu.
Une délégation française motivée et prête à affronter le Grand Nord, pendant que les Canadiens brillent par leur absence. Le contraste est frappant.
Quelques noms canadiens sur les distances plus courtes
Sur le 350 km, on retrouvera deux Canadiens : Jeff Bond, qui n’en est pas à sa première participation à l’événement, et Matt Smith. Deux coureurs qui connaissent déjà ce que le Yukon peut leur réserver.
Sur le 235 km, Vincent Turgeon et Teri Polesky seront de la partie. Tous deux étaient présents sur le 350 km en 2025 mais n’avaient pas réussi à terminer la course. Ils reviennent cette année sur une distance plus courte, peut-être avec une stratégie plus prudente.
Pourquoi cette absence canadienne ?
Plusieurs facteurs pourraient expliquer le silence canadien cette année. D’abord, les résultats brutaux de 2025. Seulement six personnes avaient terminé la course sur le parcours de 600 km, aucune sur le 350 km. Vingt abandons dès le premier checkpoint. Pour les coureurs locaux qui ont vu ou vécu cette hécatombe, le message était clair : cette course ne pardonne pas.
Et, quand on annonce que 2026 pourrait être encore plus difficile avec les quantités de neige record et l’absence de la Yukon Quest pour ouvrir la piste, ça peut refroidir même les plus téméraires.
Il y a aussi la question des coûts. Voyager au Yukon depuis le reste du Canada n’est pas donné. Les vols sont chers, l’hébergement aussi. Pour un Québécois ou un Ontarien, se rendre à Teslin représente un investissement majeur, parfois équivalent à ce que coûterait un voyage en Europe.
Les Français qui viennent traversent l’océan de toute façon. Une fois rendus en Amérique du Nord, aller au Yukon ou ailleurs revient un peu au même. Mais, pour un Canadien de l’Est, c’est presque aussi loin et aussi coûteux que de voyager à l’étranger.
Les Canadiens connaissent bien la réalité du Grand Nord. Avec les conditions extrêmes de cet hiver et les difficultés d’ouverture de piste déjà documentées, peut-être que plusieurs ont décidé que le rapport risque-coût-bénéfice ne valait pas la peine cette année.
Des surprises de dernière minute ?
L’édition 2025 comptait plus d’inscrits canadiens. Est-ce que certains attendent la dernière minute pour confirmer leur participation ? Est-ce que des coureurs vont se pointer au départ sans avoir été annoncés officiellement ? C’est possible. Le Yukon Arctic Ultra permet les inscriptions tardives, et on pourrait avoir quelques surprises dimanche matin.
Mathieu Blanchard, le champion 2025, n’apparait pas sur le roster. Mais, avec le lancement de son nouveau film juste avant le départ de la course, on se doute bien qu’il ne va retenter l’expérience après sa victoire de l’année dernière.
Une absence qui interroge
Mais pour l’instant, le fait qu’aucun Canadien ne soit inscrit à pied sur le 600 km est révélateur. Soit ils savent que les conditions seront trop difficiles cette année. Soit les coûts et les risques ne valent pas le coup. Soit ils attendent vraiment la dernière minute.
Une chose est certaine : quand les coureurs locaux, ceux qui connaissent le mieux le terrain et les conditions, ne se présentent pas en nombre, ça en dit long sur ce qui attend ceux qui vont s’élancer dimanche.
On aura la réponse ce dimanche. En attendant, le silence canadien sur le 600 km reste troublant.
Auteur : Jonathan Lessard, rédacteur et coureur de sentier
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