Et si les derniers kilomètres de l’EcoTrail Paris n’étaient pas si pénibles ?
La Grande Messe parisienne du trail vient de se terminer. Des chronos de fous, une météo printanière, des champions, des influenceurs, des heures et des heures de live avec Casquette Verte, bref, tout ce qui fait l’EcoTrail Paris était bien réuni ce week-end.
Ce qui n’a pas manqué d’être présent aussi, c’est cette interminable fin de parcours le long des quais de la Seine. Posons la question clairement : est-ce que les derniers kilomètres de la course sont chiants ? Spoiler : la réponse n’est peut-être pas Oui.
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Une fin au Champ de Mars pour l’EcoTrail Paris qui a toutes ses raisons
La Tour Eiffel, c’est instagrammable
Les diverses traces de l’EcoTrail Paris ont en commun de se recouper au bas du parc de Saint-Cloud et de rejoindre la Tour Eiffel en passant par les quais. Cette arrivée, elle se justifie bien sûr pour des questions d’image. Quitte à être à Paris, quitte à avoir des ambitions en termes de croissance, de visibilité, d’image et d’aura, la Tour Eiffel est le monument parfait à exploiter.
Eco, on vous a dit : EcoTrail
Le choix est lié aussi au principe même de l’EcoTrail. La dimension écologique fait partie de l’ADN de l’épreuve. Or si cette dernière avait dû prendre fin quelque part dans un des bois ou forêts de la banlieue parisienne, les participants auraient dû rentrer chez eux en voiture.
En plaçant l’arrivée au cœur des transports en commun de Paris, la question de la mobilité ne se pose plus pour une grande majorité des participants (qui sont parisiens ou de la proche banlieue). L’adjectif Eco se justifie alors tout à fait !
Donc oui, finir au Champ de Mars s’inscrit tout à fait dans le narratif de cette compétition. Sauf que c’est chiant. C’est pas un secret, même l’organisation le sait et distille quelques panneaux sur les quais de Seine pour s’en excuser (enfin, pour ceux qui courent assez lentement pour les voir) !
Les quais, la purge inévitable de l’EcoTrail Paris ?
Si vous avez couru l’EcoTrail cette année, ou une des éditions précédentes, vous avez râlé après ces quais, les trouvant interminables. C’est le contraste qui est violent. Si beaucoup considèrent que l’EcoTrail est une course roulante, elle reste néanmoins une succession de montées, descentes et faux plats sur une grande partie du parcours. Alors suivre le niveau de la Seine pendant 9 km, c’est évidemment bien plus monotone en termes de dénivelé.
Mais l’exercice reste intéressant sur le plan sportif. L’enjeu n’est pas de surveiller la racine qui pourrait vous faire un croche-patte ou ce caillou qui ne demande qu’à rouler sous votre pied. Sur les quais, l’enjeu est d’éviter la trottinette électrique qui arrive à toute blinde, conducteur avec les écouteurs vissés dans les oreilles et une faible maîtrise de l’engin.
L’enjeu est d’éviter de vouloir rattraper le joggeur du samedi soir qui vient de commencer son run, et qui vous double en vous narguant, ne sachant pas que vous venez de vous enquiller 45 ou 80 km.
Trottoirs, voitures, scooters, ballons des enfants sur l’île Saint Germain, navettes amenant les touristes sur les bateaux en bords de Seine, sans-abris au ton véhément, voilà la promesse des 9 derniers km. Vous aviez voulu Paris dans votre trail, vous en avez !
Et puis, tout le monde ne s’en plaint pas de cette partie plate. Au contraire, ceux qui misent tout sur une place ou un temps apprécient cette zone où l’on peut dérouler plus facilement, où l’on va venir cramer sans retenue sa dernière énergie.
Et ceux qui ne courent pas vite apprécient de croiser tant de badauds, sur l’île Saint-Germain et l’île aux cygnes, qui sont autant d’occasions de se faire encourager par des gens que l’on n’a jamais vu, mais que l’on se prend à remercier quand les jambes ne vous portent plus !
Alors, ces quais, on les déteste ?
Même en passant sur l’île Saint Germain puis sur l’île aux cygnes, le final conserve sa mauvaise réputation. La circulation routière des quais, les cimenteries, le vacarme des transports, ce n’est pas ça que l’on vient chercher lorsque l’on s’inscrit à un trail. Et en ajoutant à cela la fatigue de la distance déjà courue, on perd en indulgence.
Sauf que ce côté chiant est avant tout un problème de narratif. Rien n’est fait pour les rendre sexy, ni même pour les justifier. Après tout, d’autres solutions ne sont pas forcément envisageables, en tenant compte à la fois de la sécurité et de la nécessaire cohabitation avec le reste des usagers de la voirie.
Surtout, cette partie n’est pas si longue que ça. Il y a 8.8 km (à ma montre) entre le dernier ravitaillement et l’arrivée, dont 2 km précisément sur les 2 îles. Il y a donc moins de 7 km de vraiment exposés à la route et ses désagréments.
On pourrait tout envisager encore en lieu et place de cette longue ligne droite, même changer d’arrivée. Mais surtout, il faudrait peut-être commencer par nous la faire accepter afin qu’on la trouve moins pénible !






