Il faut être un peu fou pour courir le Yukon Arctic Ultra
Dans une semaine, des coureurs vont s’élancer sur 600 km dans le Grand Nord. Moi ? Je vais les encourager bien au chaud.
Tout récemment, je discutais du Yukon Arctic Ultra qui débute dans une semaine avec mes amis.
Ils me demandaient si un jour je voudrais courir quelque chose comme ça, ce qui m’a fait rire. Je ne suis pas assez fou pour ça.
Six cents kilomètres de course dans les froids mordants du Yukon. Une expérience non seulement d’endurance, mais aussi de survie extrême. Mathieu Blanchard, le gagnant de l’année passée, parlait du fait qu’il avait perdu un poumon pendant 24 heures. J’adore courir des longues distances, mais ça, c’est un autre monde.
Alors, qu’est-ce que ça prend pour courir une course comme le Yukon Arctic Ultra ?
Trois types de préparation essentiels pour la Yukon Artic Ultra
Pour se préparer à un événement comme celui-là, on parle de trois types de préparation : mentale, physique et adaptation au froid.
Mental
La majorité des abandons sont dus au mental qui lâche, et non pas à une blessure physique. Il faut s’habituer à continuer quand on est fatigué, brûlé et frigorifié. Ça demande de visualiser ce qui peut arriver, de se pratiquer à sortir même quand on est complètement vidé et que ça ne nous tente vraiment pas, et de répéter ça pendant plusieurs mois avant la course.
C’est pas juste une question de force mentale ponctuelle. C’est construire une résilience sur des mois d’entraînement où on apprend à reconnaître la différence entre « je ne peux pas » et « je ne veux pas ».
Physique
Il faut se pratiquer à faire des sorties longues mais lentes. La vitesse est complètement inutile à regarder pour ce type de course. Ce qui compte, c’est l’endurance et la capacité à maintenir un effort constant pendant des jours.
S’entraîner à traîner un traîneau chargé est essentiel, et il faut savoir comment préparer ce traîneau correctement. Le poids, la distribution de l’équipement, l’équilibre, tout ça peut faire la différence entre une pulka gérable et un cauchemar à tirer sur 600 kilomètres.
Côté musculation, il faut travailler énormément les jambes, le haut du corps et surtout les épaules et le dos pour tirer la pulka. C’est pas le genre de course où on peut juste avoir du cardio. Le poids de l’équipement de survie demande une force brute qu’on ne développe pas en courant seulement.
Le froid
Comme le mental, se préparer au froid est super important. Si on n’a jamais traversé du gros froid, le Yukon va nous surprendre. Il faut maîtriser la gestion du système multicouche en course. Ajouter une couche quand on ralentit, en enlever une avant de suer en montée. Ça semble simple, mais à moins 40 degrés avec des mitaines, chaque ajustement devient compliqué.
Il faut aussi s’entraîner à se nourrir dans ces conditions. Les besoins caloriques sont énormes : on parle de 6000 à 8000 calories par jour. Essayez de manger une barre énergétique gelée avec des mitaines d’hiver. Ou de faire fondre de la neige pour boire quand vos doigts sont déjà engourdis. Il faut pratiquer à utiliser un réchaud avec des mitaines, à gérer sa nourriture sans qu’elle gèle, à boire suffisamment même quand l’eau devient de la glace.
Stratégie de course
Avoir un plan de course solide est crucial. Savoir quand pousser, quand ralentir, quand prendre un repos. Gérer son équipement, ses calories, son hydratation. Anticiper les conditions météo. C’est autant un jeu de stratégie qu’une épreuve physique.
Et même avec toute la préparation du monde, il faut aussi un peu de chance. Chance avec la météo, chance de ne pas avoir de bris d’équipement majeur, chance de ne pas tomber malade ou blessé.
Un parcours spectaculaire mais brutal
Cette semaine, l’organisation continuait à partager des images de la préparation du sentier avec des photos incroyables du Yukon et des orignaux autour de la piste.
En résumé, bien que ça semble un parcours spectaculaire, ce n’est franchement pas mon niveau.
Et toi ? Tu embarques sur la course ? Ou bien tu nous rejoins à suivre les coureurs au chaud chez toi ? Parce que moi, je vais être bien installé avec mon café à regarder les points GPS avancer lentement sur la carte, en me disant que je suis pas si fou finalement.
Auteur : Jonathan Lessard, rédacteur et coureur de sentier





