Les déclarations de Lazarus Lake sur les élites modernes « accro à leur montre GPS » ont fait sourire une partie du monde du trail. Selon lui, beaucoup ne sauraient plus naviguer sans technologie. La provocation est dans son ADN. Mais un élément mérite d’être rappelé : à la Barkley Marathons, le GPS est interdit, tout comme le téléphone. Les coureurs naviguent à la carte et à la boussole.
À Hong Kong, le principe est différent mais tout aussi radical. Le Four Trails Challenge impose lui aussi l’interdiction de la montre GPS, des écouteurs et des antalgiques. Et surtout, une barrière horaire fixée à 60 heures pour parcourir près de 300 kilomètres.
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Julien Chorier a remporté le Four Trails Challenge en 55 h 12 min 34 s
Pendant que la Barkley Marathons se disputait dans la forêt du Tennessee, la 15e édition du Four Trails Challenge 2026 voyait Julien Chorier s’imposer en 55 h 12 min 34 s, devenant le premier finisher d’une course où seuls 5 des 26 partants sont passés sous la limite des 60 heures.
Alors, plus dur que la Barkley ? La comparaison mérite d’être nuancée. Mais le débat existe.
Le Four Trails Challenge est vraiment plus dur que la Barkley ?
Le Four Trails Challenge repose sur un concept simple en apparence : enchaîner les 4 grands sentiers de Hong Kong — MacLehose, Wilson, Hong Kong et Lantau Trails — pour un total de 298 km et environ 14 500 m de dénivelé positif, le tout en moins de 60 heures.
Ce cadre pose une exigence différente de celle de la Barkley. Moins de navigation hors sentier, mais une pression permanente du chrono. Ici, la limite des 60 heures est absolue. Le temps est l’adversaire principal.
Une autonomie radicale
Au Four Trails Challenge, l’autonomie est totale. Il n’existe pas de base de vie organisée. Les coureurs choisissent eux-mêmes leurs points de repos, parfois dans une station de métro, parfois sur un quai de ferry inter-îles.
Cette liberté implique une gestion extrêmement fine du sommeil. Dormir trop longtemps peut faire exploser le chrono. Ne pas dormir assez expose à des erreurs de trajectoire ou à des coups de fatigue majeurs. La contrainte n’est pas imposée par un règlement strict, mais par la réalité du terrain et du temps qui file.
Interdiction de la technologie, comme à la Barkley
À la Barkley comme au Four Trails Challenge, les montres GPS sont interdites. Mais la différence tient à la structure même des parcours.
La Barkley repose sur une navigation hors sentier, dans une forêt dense et volontairement déroutante. Le Four Trails Challenge, lui, enchaîne des sentiers existants mais impose une continuité extrême sur près de 300 kilomètres. Il ne s’agit pas de retrouver des livres cachés, mais d’endurer sans relâche un tracé long, technique et physiquement écrasant.
Deux visions radicalement différentes de l’ultra
Forêt sauvage contre territoire urbain
La Barkley se déroule en pleine forêt, dans un environnement opaque et imprévisible. Le Four Trails Challenge traverse un territoire densément peuplé.
Hong Kong offre un contraste saisissant : escaliers interminables, crêtes exposées, chaleur humide, sections techniques, mais aussi traversées urbaines. En 2026, certains coureurs ont dû composer avec une foule rassemblée pour un feu d’artifice. L’isolement nocturne alterne avec le bruit de la ville.
Énigme contre endurance absolue
La Barkley pousse à l’extrême la navigation et l’énigme. Son taux de réussite historiquement très faible en fait un mythe.
Le Four Trails Challenge impose un cadre clair : 298 km, 14 500 m D+, 60 heures. L’objectif est défini. La sanction est immédiate. Le défi n’est pas seulement de trouver son chemin, mais de tenir la distance sans effondrement physique ou mental.
Dire que l’un est plus dur que l’autre dépend du prisme choisi. L’un se court dans les bois du Tennessee, l’autre au cœur d’un territoire urbain entouré de montagnes. Deux radicalités différentes. Deux manières d’éprouver l’ultra.





