Après un titre mondial sur 10 000 m, Jimmy Gressier a connu un net coup d’arrêt à Tallahassee. Il a expliqué sans détour à l’Equipe les raisons de sa 15e place.
Il y a quatre mois, Jimmy Gressier dominait le monde. Ce week-end, il termine 15e des mondiaux de cross.
Jimmy Gressier, champion du monde du 10 000 m à Tokyo à l’automne 2025, a vécu un Mondial de cross bien plus compliqué en Floride. À Tallahassee, il a été rapidement décroché, loin du podium, et a coupé la ligne à plus d’une minute du vainqueur, Jacob Kiplimo. Mais loin de chercher des excuses, le Français a livré, à nos confrères de l’Equipe, une analyse franche et lucide de sa contre-performance.
Le contrecoup d’un titre mondial
Tout commence en septembre dernier. Jimmy Gressier entre dans l’histoire en décrochant l’or mondial sur 10 000 m. Euphorie, adrénaline, motivation décuplée : le coureur de Boulogne-sur-Mer a l’impression de pouvoir tout enchaîner. Mais cette sensation d’invincibilité n’a duré qu’un temps.
« Pendant un mois, deux mois, je me sentais presque surhumain. J’ai sous-estimé la retombée. »
Car la réalité l’a vite rattrapé. Baisse de forme, moral en berne, virus hivernal : l’après-titre n’a pas été une partie de plaisir. L’envie de courir s’est effritée, l’entraînement est devenu plus pesant, moins fluide.
Un cross sous pression… et presque sans envie
À peine un mois après sa 2e place aux Europe de cross, Jimmy tombe malade. Et à trois semaines des Mondiaux, il doute, sérieusement.
« Je ne voulais plus faire les Mondiaux. Mais j’avais motivé l’équipe, je ne pouvais pas les lâcher. »
Alors il y va. Par loyauté. Par engagement collectif. Mais sans les jambes ni la tête d’un champion en forme. Dès le départ de la course, Gressier est en difficulté. Il s’accroche, se bat pour l’équipe. Il finira 15e, et les Bleus 5es collectivement. Pas de médaille, mais pas de honte non plus.
Un champion lucide sur son niveau
Jimmy Gressier ne joue pas les surpris. Il connaît la densité d’un Mondial de cross. Et il reconnaît, sans détour, la supériorité de certains adversaires du jour.
« J’ai toujours su que je n’avais pas le niveau de Kiplimo. Le 14 septembre 2025, j’ai été le meilleur du monde. Mais je ne suis pas le meilleur du monde. »
Cette lucidité, rare dans le haut niveau, force le respect. Gressier ne cache rien. Ni la fatigue, ni la perte de motivation, ni les doutes. Il assume sa performance du week-end.
« Ce n’est pas un échec. C’est juste mon niveau actuel. »
Alors, quelle suite pour Jimmy Gressier ?
Le Français n’a rien perdu de son ambition, mais il sait qu’il lui faut couper. Repartir de zéro, prendre du recul, pour mieux retrouver ses sensations.
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Dans un monde où la performance est souvent sacralisée, où les champions n’ont pas le droit de flancher, Jimmy Gressier envoie un signal fort : il faut du temps, même pour les meilleurs. Et que le mental pèse aussi lourd que les jambes.
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