Laponie Ultra 2026 : Mathieu Blanchard domine dès les premiers kilomètres
Quatre heures et cinquante minutes depuis le départ de la Laponie Ultra 185 km, et Mathieu Blanchard est déjà en train d’imposer sa loi.
Le favori français domine la course en première place avec 36 kilomètres au compteur. Loury Lag, son ami et coéquipier, le suit de près en troisième position avec 32,2 kilomètres. Entre les deux, Chen Yen occupe la deuxième place.
C’est exactement le scénario qu’on pouvait anticiper. Blanchard est de retour dans son environnement naturel : le froid, la neige, et les longues distances en autonomie. Après son abandon à la Barkley il y a quelques semaines, on le retrouve là où il est le plus dangereux.
Le froid lapon, son terrain de jeu
Le vainqueur du Yukon Arctic Ultra 2025 montre dès les premiers kilomètres qu’il n’a rien perdu de sa force dans ces conditions. Pendant que d’autres coureurs doivent s’adapter au froid et à l’isolement, Blanchard semble parfaitement à l’aise. C’est son élément.
Avoir Loury Lag avec lui ajoute une dimension supplémentaire. Les deux amis se connaissent bien, savent comment se pousser mutuellement sans se brûler. À ce stade de la course, rester groupés fait du sens. Ils gèrent leur effort, contrôlent le rythme, et gardent probablement un œil sur les conditions qui évoluent.
Cowell père et fils : l’aventure continue
Plus loin dans le peloton, Bailey et Philip Cowell, le duo père-fils de 18 et 50 ans, continuent de courir ensemble. Ils ne sont pas dans le top, mais ce n’était pas l’objectif. Leur course, c’est vivre cette expérience ensemble. Et pour l’instant, ils tiennent le coup.
Corbarieu en bonne force sur le 500 km
Sur la distance de 500 kilomètres, Thierry Corbarieu occupe la sixième place avec 32,1 kilomètres parcourus en 4h55. Pas de panique pour l’instant. Sur une course aussi longue, les positions des premières heures ne veulent pas dire grand-chose.
Corbarieu sait qu’il a 500 kilomètres devant lui. Partir trop vite serait une erreur. Il gère, il attend, il observe. Sur ce format, tout peut se jouer dans les derniers 100 kilomètres. Parfois même dans les derniers 50.
Météo du Lapland Arctic Ultra, la chaleur, encore elle
Mais voilà le problème qui commence à se dessiner : la chaleur. Encore. Comme au Yukon Arctic Ultra il y a un mois, la Laponie annonce des températures inhabituellement douces. Moins 4 degrés aujourd’hui, mais plus 5 degrés dans quelques jours.
C’est exactement le même scénario qu’au Yukon. La neige qui ramollit, les conditions qui deviennent collantes, l’eau qui s’infiltre partout. Les mêmes défis vont apparaître. Les pieds humides, le matériel trempé, la neige qui colle aux raquettes et aux skis.
Pour Blanchard et les autres, ça signifie qu’il va falloir gérer non seulement l’effort et la fatigue, mais aussi ces conditions changeantes. Le froid sec, c’est gérable. La chaleur humide dans une course polaire, c’est une toute autre histoire.
Trop tôt pour crier victoire
Mathieu Blanchard domine après moins de cinq heures de course.
Mais il reste encore plus de 140 kilomètres à parcourir. La Laponie, comme toutes les courses arctiques, ne pardonne rien. Un problème d’équipement, une mauvaise décision, une chute, et tout peut basculer.
On l’a vu au Yukon avec Guillaume Grima qui menait pendant des jours avant d’abandonner. On l’a vu à la Barkley où Blanchard lui-même a dû s’arrêter. Les courses extrêmes ne se gagnent pas dans les premiers kilomètres.
Mais pour l’instant, Blanchard envoie un message clair : il est là, il est fort, et il compte bien finir ce qu’il a commencé. Les prochaines 24 à 36 heures nous diront s’il peut maintenir ce rythme et décrocher une victoire qui effacerait les déceptions récentes.
La Laponie vient de commencer. Et déjà, elle tient ses promesses.
Auteur : Jonathan Lessard, rédacteur et coureur de sentier





