Le Marathon des Sables, vu de loin, c’est une aventure hors norme.
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Une course à étapes dans le désert marocain, en autonomie, sur environ 250 kilomètres. Chaque jour, les coureurs enchaînent des sections dans le sable, sous la chaleur, avec leur sac sur le dos. Pour les non-initiés, c’est une simple course extrême. Pour ceux qui connaissent, c’est un jeu d’équilibres, de stratégie et de gestion où tout ne se joue pas sur les écarts visibles.
Les deux premières étapes du marathon des sables ont installé une hiérarchie claire
Dès le départ, Mohamed El Morabity a pris les commandes. Victoire sur la première étape, puis sur la deuxième. Rien de spectaculaire dans la forme, mais une impression de maîtrise totale. Il contrôle, il gère, il accélère quand il faut. Son frère Rachid, pourtant onze fois vainqueur, reste au contact, sans jamais réellement inquiéter.
À ce stade, le classement général raconte déjà quelque chose. Mohamed est devant, Rachid suit. Les écarts sont faibles, mais la dynamique est installée. Et surtout, elle est cohérente avec ce que l’on observe sur le terrain.
Étape 3 : un resserrement… qui donne l’illusion
Sur la troisième étape, Rachid El Morabity s’impose en 2 heures 17 minutes et 29 secondes. Il reprend 59 secondes à son frère. Sur le papier, le suspense est relancé. L’écart au général tombe à moins de quatre minutes. Tout semble ouvert.
Mais c’est précisément là que le récit devient trompeur.
Car dans une course comme le Marathon des Sables, une étape courte de 29 kilomètres ne raconte pas la vérité de la hiérarchie. Elle peut même la masquer. Rachid gagne, oui. Mais sans renversement clair de dynamique. Mohamed reste devant, sans avoir semblé en difficulté.
Autrement dit, on assiste à un resserrement des écarts… sans véritable bascule sportive.
Derrière, la course confirme plutôt les tendances que l’inverse. Michaël Gras sécurise sa troisième place. Ludovic Pommeret réalise une belle opération en se rapprochant du top 4, profitant des défaillances autour de lui. Rien de chaotique. Rien d’imprévisible. Une course qui suit une logique.
Chez les femmes, le contraste est encore plus frappant. Maryline Nakache enchaîne une troisième victoire consécutive avec plus de trente minutes d’avance. Là, il n’y a même plus de débat. La course est déjà pliée, sauf incident majeur.
Le vrai juge de paix arrive, et il ne mentira pas
Le vrai moment de vérité, c’est l’étape longue de 100 kilomètres. Celle que tout le monde attend. Celle qui ne triche pas.
C’est là que le pacing, la gestion de l’effort et la fatigue accumulée parlent vraiment. Et c’est là que l’on verra si ce “suspense” est réel… ou simplement un artefact des écarts compressés sur des étapes trop courtes pour faire la différence.
Moins de quatre minutes entre Mohamed et Rachid peut sembler faible. Mais dans ce type de course, cela peut aussi traduire un contrôle total du leader, qui n’a jamais eu besoin de forcer.
Comme souvent, le Marathon des Sables fascine. Par son décor, par ses histoires, par ses duels. Mais derrière le récit, il faut aussi garder une lecture lucide.
Le suspense existe-t-il vraiment, ou est-il en partie construit par le format même de la course ?
Et au-delà du sport, la question reste la même chaque année. Une épreuve aussi lourde, avec des centaines de coureurs transportés au cœur du désert, peut-elle encore s’inscrire dans une logique cohérente face aux enjeux écologiques actuels ?
Le Marathon des Sables continue de faire rêver. Mais il continue aussi de poser des questions.
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