Le médecin du sport Stéphane Cascua a mis en lumière un concept original mais pertinent : le surentraînement de la conjointe. Derrière cette expression se cache une réalité physiologique et sociale souvent négligée. Lorsqu’un couple court ensemble, l’écart de niveau peut entraîner une surcharge d’effort pour la partenaire féminine, provoquant une fatigue chronique insidieuse, bien éloignée de l’objectif initial de bien-être partagé.
Le surentraînement en running dans le couple
surentraînement running : quand courir en couple devient un piège physiologique
Il n’est pas rare d’observer une dynamique bien particulière lors des sorties running à deux : Monsieur impose le rythme, Madame s’accroche. Ce décalage, parfois bienveillant, peut pourtant nuire à la santé de la coureuse. En effet, les différences biologiques entre hommes et femmes en matière de composition corporelle et de capacités aérobies sont importantes. À vitesse égale, l’effort ressenti n’est pas le même.
Les femmes ont en moyenne plus de masse grasse (25 % contre 15 % pour les hommes), moins de fibres musculaires et un taux d’hémoglobine plus faible, ce qui affecte la capacité à transporter l’oxygène. Sans compter les pertes sanguines menstruelles qui peuvent accentuer la fatigue. Résultat : si elle veut « garder le rythme », elle puise davantage dans ses réserves.
Un surmenage invisible, mais aux conséquences bien concrètes
Cette situation engendre un phénomène sournois : l’entraînement au-dessus du seuil d’essoufflement. Une allure trop élevée par rapport à ses capacités bascule rapidement d’un simple footing en endurance à une séance de fractionné déguisée. À long terme, cela provoque une accumulation de fatigue, des douleurs musculaires persistantes, une fréquence cardiaque anormalement élevée et un risque de blessure accru.
Le pire, c’est que ce surmenage n’est souvent ni mesuré, ni identifié comme tel. Il est d’autant plus traître qu’il se déroule dans un contexte affectif où l’on veut “faire plaisir”, “partager un moment” ou “ne pas freiner l’autre”.
Une solution : courir ensemble… mais différemment
Ce déséquilibre peut pourtant être corrigé. Il suffit de rétablir une forme d’égalité sportive. Cela passe par l’écoute, l’acceptation des différences physiologiques et la mise en place d’objectifs adaptés à chacun. Pourquoi ne pas courir côte à côte mais chacun à son allure, ou organiser des séances séparées selon les intensités ?
Courir ensemble ne doit pas se transformer en rapport de force masqué. Il vaut mieux miser sur la complémentarité : un échauffement commun, une fin de séance partagée, ou un ravito bienveillant sur une course.
Lire encore
- Insolite : une femme promène son conjoint en laisse pour contourner le couvre-feu
- Ce que vous devez savoir avant de sortir avec un traileur !
- surentraînement running
Lire aussi
- Calcul VMA : utilisez notre calculateur pour estimer votre Vitesse Maximale Aérobie à partir de vos données physiologiques
- Stars du trail : les secrets physiologiques de Jornet, D’Haene, Blanchard et Dauwalter
- uTrail calcule votre VMA de manière très précise et sans test
- surentraînement running
-
image générée par IA
-
source : ici