En trail comme dans les autres disciplines de haut niveau, les athlètes professionnels ne signent pas les mêmes contrats que tout le monde.
Leurs règles sont à part, avec un nom qu’on croise peu dans le monde du travail “classique” : le CDD sportif.
Alors que la plupart des coureurs amateurs ignorent tout de ce statut, il s’agit pourtant d’un fondement juridique du sport pro en France. Voici ce qu’il faut savoir si tu es traileur, athlète, ou simplement curieux de comprendre comment fonctionnent vraiment les contrats dans le haut niveau.
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Le CDD sportif, c’est quoi exactement ?
C’est un contrat à durée déterminée comme son nom l’indique, mais spécifique au monde du sport professionnel. Il a été créé pour tenir compte de la réalité des carrières sportives, qui sont courtes, incertaines, et rythmées par les saisons.
Depuis la loi du 27 novembre 2015, le Code du sport encadre ce contrat à travers les articles L. 222-2 à L. 222-2-9. Il s’applique aux sportifs salariés — donc pas aux auto-entrepreneurs ou indépendants, mais bien à ceux qui sont employés par un club, une fédération ou une structure sportive.
Combien de temps dure un CDD sportif ?
La durée d’un CDD sportif est directement liée au rythme des saisons. En principe, ce contrat doit couvrir une saison sportive complète, soit 12 mois. C’est la base posée par le Code du sport, qui considère la saison comme l’unité de temps normale du sport professionnel.
Il existe toutefois des exceptions. Le contrat peut être plus court lorsqu’un athlète est recruté pour remplacer un sportif blessé — ce qu’on appelle un joker médical — ou lorsqu’il arrive en cours de saison et ne signe que pour quelques mois.
À l’inverse, un CDD sportif ne peut pas dépasser 5 ans. Pour un premier contrat professionnel, cette durée est souvent limitée à 3 ans, sauf si des accords de branche permettent d’aller au-delà.
En quoi le CDD sportif est-il différent d’un CDD “classique” ?
Le CDD sportif est une exception juridique. Il ne fonctionne pas comme un CDD classique prévu par le Code du travail. En temps normal, un employeur doit justifier un CDD (remplacement, accroissement temporaire d’activité…), et verser une indemnité de précarité au salarié à la fin du contrat. Des règles strictes s’appliquent aussi pour la durée, les renouvellements et les délais de carence entre deux contrats.
Rien de tout cela ne concerne le CDD sportif. Ce contrat est considéré comme la forme normale d’emploi dans le sport professionnel. Il n’y a pas besoin de justification, pas d’indemnité de précarité, et une grande souplesse dans les enchaînements. Ce modèle est pensé pour épouser le rythme des saisons et les contraintes de la performance.
Et si le sportif se blesse pendant son CDD sportif ?
Contrairement à une idée reçue, la blessure ne met pas automatiquement fin au contrat. Comme tout salarié, un sportif professionnel en CDD bénéficie des droits liés à l’arrêt maladie : maintien du contrat, versement d’indemnités journalières, complément éventuel par l’employeur selon la convention collective. Le club ne peut pas le licencier pour simple motif de blessure. En revanche, si la blessure rend impossible toute reprise à long terme, d’autres procédures peuvent être envisagées, comme l’inaptitude déclarée par la médecine du travail.
À qui s’applique ce contrat ?
Ce contrat s’applique aux sportifs professionnels salariés, comme les footballeurs, rugbymen, biathlètes ou coureurs intégrés à des structures sportives. Il concerne aussi les entraîneurs salariés, et parfois les membres d’équipes pro.
Dans le monde du trail, le CDD sportif est encore rare, mais possible, notamment dans des structures publiques comme l’armée ou la gendarmerie. La majorité des traileurs élites en France choisissent un autre statut : celui d’auto-entrepreneur ou de freelance.
Ce choix s’explique par une plus grande liberté. Le coureur gère seul ses partenariats, ses missions (coaching, stages, création de contenu…), sans rendre de compte à un employeur. Ce statut permet de cumuler plusieurs sources de revenus, d’être autonome et de ne payer des charges qu’en fonction du chiffre d’affaires. Il est simple à créer, souple à gérer, et correspond bien à la réalité du trail, où il n’y a pas de ligue pro, ni de structuration salariale massive.
Le CDD sportif, en revanche, implique des règles, une hiérarchie, un encadrement juridique plus strict. Et surtout… il est rarement proposé dans notre sport.
Attention à la légalité du statut auto-entrepreneur pour les traileurs pros
En micro-entreprise, le plafond de chiffre d’affaires est fixé à 77 700 € par an pour les prestations de service. Au-delà, le coureur doit basculer vers un régime réel, avec déclaration TVA et comptabilité complète. Par ailleurs, si le traileur vit en France, il doit déclarer son activité et sa structure en France. Immatriculer une société à l’étranger sans y résider réellement est une fraude fiscale. Les autorités — et parfois les sponsors — peuvent sanctionner sévèrement ce type de montage.
Ce qu’il faut retenir du CDD sportif
Le CDD sportif est un contrat taillé sur mesure pour le sport professionnel. Il est encadré par le Code du sport, non par le Code du travail classique. Il ne donne pas droit à une indemnité de précarité à la fin du contrat. Il peut durer jusqu’à 5 ans, ou être plus court dans certains cas. Il évite les contraintes habituelles des CDD classiques : justification, délais de carence, limitations de renouvellement. Et il prend comme base de référence la saison sportive, ce qui correspond à la réalité du haut niveau.
Pourquoi c’est important de le connaître quand on court
Même si tu n’es pas salarié aujourd’hui, tu peux un jour être amené à signer un contrat de ce type — que ce soit dans un centre de formation, une équipe militaire, ou un cadre fédéral.
Comprendre ce qu’est le CDD sportif, c’est aussi comprendre pourquoi certains athlètes changent de structure chaque année, pourquoi certains contrats s’arrêtent brutalement sans indemnité, ou encore pourquoi les sponsors n’interviennent pas sur certains aspects.
Et si tu envisages de professionnaliser ta pratique du trail, ce cadre juridique te servira à anticiper, à éviter les erreurs… et à mieux défendre tes droits.
En résumé, le CDD sportif est une exception taillée sur mesure pour les athlètes
Il suit un rythme saisonnier, ne garantit pas de stabilité à long terme, mais s’adapte à la réalité du sport de haut niveau. En trail comme ailleurs, comprendre ce cadre, c’est aussi mieux comprendre les coulisses du professionnalisme sportif.






