Kilian Jornet veut les élites s’engagent mais lui-même ne prend aucune position. Il parle. Il survole. Il évite. Comme d’habitude.
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Kilian Jornet vient de publier un long message sur ses réseaux sociaux pour appeler les sportifs à sortir du silence face aux conflits mondiaux.
Un texte bien écrit, bien intentionné, plein de nuances… mais totalement désengagé. Il parle de “notre responsabilité collective”, du “risque de rester neutre”, de “la complexité du monde”. Il évoque la guerre, la polarisation, les dangers pour les générations futures. Mais jamais une fois il ne nomme un seul responsable, une seule victime, une seule injustice concrète.
Pas un mot sur Israël ou la Palestine. Pas un mot sur Poutine ou l’Ukraine. Pas un mot sur Trump. Pas un mot sur le Canada, où il vit en partie. Rien. Juste une incantation générale à “parler plus”, à “ouvrir le dialogue”, à “ne pas se cacher”.
Le roi du flou
Kilian Jornet maîtrise l’art du flou. Ce n’est pas nouveau. Il avait déjà dénoncé « la transformation du trail en expérience de luxe » sans jamais pointer du doigt l’UTMB, Salomon ou les grands circuits. Il avait appelé à “réduire les vols” tout en continuant à voyager sur des projets sponsorisés à l’autre bout du monde.
Aujourd’hui, il applique la même recette à la géopolitique. Il parle de paix, de nuance, de responsabilité… mais il ne dit rien de vraiment politique. Et c’est bien là le problème : revendiquer un engagement sans jamais risquer le désamour de ses fans, ni la rupture d’un contrat.
Dans son message, Jornet propose une belle métaphore : “Les sportifs peuvent être une fenêtre ouverte sur le monde… ou un rideau qui le cache.” Mais quelle vue offre-t-il lui-même par cette fenêtre ? Rien. Aucun nom. Aucun drapeau. Aucune cause.
Il aurait pu dire : “J’appelle à la fin des bombardements à Gaza.”
Il aurait pu dire : “J’alerte sur la montée de l’extrême droite en Europe.”
Il aurait pu dire : “Les femmes iraniennes ont besoin de notre soutien.”
Mais non. Il parle d’engagement… sans jamais s’engager lui-même.
En résumé, Kilian Jornet c’est l’illusion d’un courage
Sur la forme, le texte est impeccable. La posture semble noble. Mais en creux, c’est une déclaration d’impuissance. Un discours bien lissé, mais sans courage politique. À trop vouloir ménager tout le monde, on ne soutient plus personne.
En fait, Kilian Jornet se place au-dessus du débat. Il renvoie les responsabilités vers “les autres athlètes”, vers un “nous collectif” flou, indéfini, presque évanescent. Il critique le silence… en murmurant.
Kilian Jornet ne veut pas qu’on se taise, mais il ne veut pas parler trop fort non plus. Il n’ose pas dire ce qu’il pense, s’il pense vraiment quelque chose. Ce qu’il dit, c’est qu’il faudrait “dialoguer”. Ce qu’il ne dit pas, c’est avec qui, contre quoi, et au nom de qui.
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