Les JO d’hiver 2026 s’étaient jusqu’ici tenus à distance des sentiers. Mardi, ça change.
Biathlon individuel hommes : l’épreuve que les traileurs vont suivre
Depuis une semaine, les Jeux défilent sans vraiment parler aux coureurs. Ski alpin, patinage, hockey… rien de ce qui se joue sur la neige n’a, jusque-là, convoqué l’attention des amateurs de montagne au long cours. Mais ce mardi 10 février à 13 h 30, les regards changent de direction. Pour la première fois depuis le début de Milan-Cortina 2026, une épreuve touche directement à l’endurance, au mental, à la précision sous contrainte : l’individuel hommes en biathlon, 20 km sur le site mythique d’Antholz-Anterselva.
Endurance et lucidité : ce que le biathlon partage avec le trail
Dans cette course, pas de duel direct. Chaque athlète s’élance seul face au chronomètre.
On est loin du cardio permanent des poursuites ou du chaos des mass-starts. On est dans la gestion. Ralentir le cœur. Poser le souffle. Maintenir l’équilibre alors que l’acide lactique inonde les jambes. Comme en trail, l’effort demande plus que de la force brute. Il exige du relâchement dans l’effort, un œil encore capable de lire le terrain — ou la cible — quand le corps vacille.
Favoris biathlon de l’épreuve individuel Homme aux JO 2026 : des Français ambitieux et un podium très ouvert
Côté tricolore, Éric Perrot arrive en chef de file. Déjà médaillé en relais mixte, il surfe sur une dynamique solide : précis derrière la carabine, puissant sur les skis, leader de la Coupe du monde. C’est exactement le profil qu’on attend sur un format sans rattrapage.
Quentin Fillon Maillet, champion olympique sortant, connaît la recette du succès. Moins dominateur qu’à Pékin mais toujours dangereux, il pourrait revenir dans le match s’il évite les scories au tir couché. Émilien Jacquelin, vice-champion du monde sur l’individuel, reste un outsider de luxe : s’il passe au travers des balles manquées, il jouera les places d’honneur. Même logique pour Fabien Claude, capable d’aller vite mais encore trop souvent pénalisé par une faute isolée.
Face à eux, la Norvège aligne l’artillerie lourde. Johan Olav Botn, l’homme en forme de ce début de saison, coche toutes les cases. Johannes Dale et Sturla Holm Laegreid ont l’expérience. Et Martin Uldal, benjamin du groupe, peut surprendre s’il tient au tir. En embuscade, l’Italien Tommaso Giacomel sera à surveiller : rapide sur les skis, il peut tout bouleverser s’il réussit un sans-faute. Son compatriote Lukas Hofer, chouchou du public local à Antholz, pourrait lui aussi tirer son épingle du jeu.
La densité est telle qu’un seul raté au tir pourrait suffire à sortir un favori du top 10. Dans ce contexte, la régularité vaut autant que la vitesse.
Pourquoi l’épreuve de biathlon peut allumer la mèche
Le relais mixte a offert une belle entrée en matière, mais ce 20 km individuel constitue le premier vrai temps fort pour les amateurs de sports d’endurance. C’est une course qui récompense l’intelligence, l’économie, le timing. Une course où l’on avance sans appui collectif, avec sur le dos une carabine de 3,5 kg et dans la tête la pression d’un enchaînement à ne pas rater.
C’est aussi une des épreuves les plus lisibles pour le public. Et cette année, une des rares où la France semble armée pour jouer la médaille. Il suffit d’un scénario limpide, d’un tricolore qui aligne les cibles, pour que tout bascule.
Où suivre les JO 2026 en direct avec le biathlon
📺 Informations pratiques pour suivre la course
🗓️ Mardi 10 février
🕜 13 h 30
📍 Antholz-Anterselva
📡 Diffusion : France Télévisions et Eurosport
À noter : pour une fois, pas de réveil à 5 h ni de nuit blanche à planifier. L’horaire est parfait.
Dès le lendemain, mercredi 11 février à 14 h 15, les femmes entreront en lice sur le même format (15 km). Puis suivront les sprints, les poursuites, les relais et les mass-starts jusqu’au 21 février.
Mais pour les passionnés de course en montagne, ce mardi reste un point d’entrée idéal. Parce que derrière les skis et la neige, ce qui se joue, ce sont les mêmes mécanismes que sur un ultra : un mental d’acier, une lucidité sous stress, une capacité à faire le bon geste au bon moment. Pas à 3 000 mètres d’altitude, non. Mais à 50 mètres d’une cible de 45 mm, cœur battant à 180.





