Jean‑Marc Peillex critique l’UTMB : encore un coup de gueule contre le sport business
Interrogé par l’organisation — probablement sur la ligne de départ de l’UTMB — au sujet des mobilités douces, Jean‑Marc Peillex, maire de Saint‑Gervais, a rapidement dévié la conversation pour s’attaquer au modèle économique de l’événement. Il a déclaré souhaiter que l’UTMB soit « moins financier ». Un énième coup de gueule qui s’inscrit dans la lignée de ses nombreuses prises de position contre le sport de masse et ce qu’il appelle le “sport business”.
Une réponse détournée — et un style bien rodé
Alors qu’on attendait de lui une réaction sur les transports publics ou le covoiturage, Peillex a recentré le débat sur la logique économique de l’événement. Une prise de parole qui, sans surprendre les habitués de ses interventions musclées, a fait dévier complètement la discussion. Pour lui, l’UTMB a perdu son âme, et il n’hésite jamais à le dire haut et fort.
Pas la première volte-face : un maire prêt à bousculer
Ce n’est pas une première. En septembre 2022, Peillex avait déjà fustigé l’UTMB dans une lettre ouverte adressée à Emmanuel Macron. Il dénonçait alors la surfréquentation, le bilan carbone de l’événement, et la course à la croissance imposée par l’organisation. Il affirmait que sa commune ne profitait d’aucune retombée réelle, alors qu’elle supportait des nuisances significatives. Il accusait également l’UTMB d’avoir abandonné ses racines associatives au profit d’un modèle commercial mondialisé.
Thème | Contenu |
---|---|
Mobilité | Sujet initial du dialogue, rapidement détourné vers une critique du modèle économique. |
Critique | Reproches réguliers au “sport business”, à l’impact environnemental et à l’absence de régulation. |
Antécédents | Multiples interventions médiatiques contre l’UTMB et le tourisme de masse. |
Une longue tradition de coups d’éclat
Jean‑Marc Peillex, maire de Saint-Gervais-les-Bains depuis 1995, s’est forgé une réputation de franc-tireur. Dans les années 2000, il a milité pour la régulation de l’ascension du mont Blanc par la voie normale du Goûter. En 2017, il a imposé un arrêté exigeant un équipement minimum, puis en 2019, il a instauré un quota strict de 214 alpinistes par jour avec réservation obligatoire. Il a également mis en place une “brigade blanche” pour contrôler le respect de ces règles. Sa politique restrictive lui a valu autant de critiques que de soutiens.
Dans le même esprit, Peillex s’en prend depuis plusieurs années à l’UTMB. Il estime que la course a dérivé vers un modèle trop lucratif, internationalisé, et trop impactant pour les territoires traversés. En 2022, il parlait même de “chienlit” en évoquant l’organisation, tout en pointant un “bilan carbone catastrophique”. Plus récemment, il s’est aussi illustré dans des conflits autour de la gestion du domaine skiable Évasion Mont-Blanc, n’hésitant pas à polémiquer avec la maire de Megève, ce qui lui a valu une condamnation judiciaire.
Le dernier coup de gueule de Jean‑Marc Peillex ne relève donc pas du hasard ni de l’improvisation. C’est une nouvelle pièce dans un discours bien rodé, dans lequel il dénonce régulièrement les dérives du sport spectacle en montagne. Fidèle à lui-même, il continue d’agiter le débat, quitte à déranger ses homologues ou les organisateurs de l’UTMB. Ce style, très clivant, s’inscrit dans une stratégie de communication assumée qui fait régulièrement parler d’elle.
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