La déception est réelle. On aurait aimé voir Maxime Bachelot accrocher cette deuxième place après une course courageuse, après son retour impressionnant à deux jours de l’arrivée, après ces centaines de kilomètres passés à lutter contre le froid, la neige et l’isolement.
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Mais l’ultra, le vrai, ne récompense pas les scénarios écrits à l’avance. Il récompense celles et ceux qui tiennent jusqu’au bout.
Et cette année, l’exploit majeur du 645 km de la Yukon Arctic Ultra, c’est une femme qui le réalise.
L’exploit de Yasmin Stoderegger sur la Yukon Arctic Ultra 2026
Yasmin Stoderegger termine deuxième au classement général derrière Paul Clément. Deuxième au scratch. Dans l’une des courses les plus dures au monde. Sur 645 kilomètres dans le Grand Nord canadien.
Rattrapée à environ 150 kilomètres de l’arrivée par l’Allemand Jan Rohrberg puis par Maxime Bachelot, elle aurait pu céder. Beaucoup auraient cédé. Elle, non. Elle est restée au contact. Elle a géré. Elle a attendu son moment. Puis, dans les derniers jours, elle a remis du rythme, grignoté mètre après mètre, jusqu’à repasser devant dans la phase décisive.
La montée finale a fait exploser les écarts. Yasmin, plus régulière, plus solide dans la gestion, a su maintenir une vitesse suffisante pendant que Maxime ralentissait dans l’ascension. Elle bascule, elle descend, elle file vers Brook Brook. La deuxième place est sécurisée.
Ce n’est pas seulement une performance. C’est un marqueur.
Qui est Yasmin Stoderegger ?
Yasmin Stoderegger n’est pas une inconnue des environnements extrêmes. Cette Autrichienne de 31 ans, enseignante d’allemand, a grandi avec le sport comme colonne vertébrale. Gymnastique, ski, escalade, plongée… avant que la course à pied ne devienne sa discipline centrale.
Son obsession pour les courses lointaines et hostiles ne date pas d’hier. Elle rêvait déjà très jeune de courir un ultra en Antarctique. Freinée par des problèmes de genou dans sa jeunesse, elle a repris progressivement l’entraînement, reconstruit sa base, allongé les distances. Trail après trail, ultra après ultra.
En 2025, elle s’illustre sur le “Last Desert” en Antarctique, 243 kilomètres dans des conditions polaires, où elle termine deuxième au général et première femme. Là aussi, elle démontre une capacité rare : tenir mentalement quand le corps vacille. Elle parle souvent de sa manière de “négocier avec elle-même”, de courir jusqu’à la prochaine balise, de compter ses pas pour repousser l’envie d’abandonner.
La Yukon Arctic Ultra s’inscrit dans cette logique. Ce n’est pas un coup d’éclat isolé. C’est la confirmation d’un profil construit pour l’extrême.
En résumé, Yasmin Stoderegger est le vrai symbole de cette édition
Le fait marquant de cette Yukon Arctic Ultra 2026, c’est qu’une femme termine deuxième au scratch sur le 600 km. Pas deuxième femme. Deuxième tout court.
Dans un univers encore largement dominé par des pelotons masculins sur les très longues distances polaires, cette performance compte. Elle envoie un signal clair : sur l’ultra-distance, sur l’endurance extrême, la gestion, la résistance mentale et la stratégie peuvent primer sur tout le reste.
Elle a construit sa place. Elle a résisté. Elle a accéléré quand il fallait. Elle a gagné sa deuxième position.
Et ça, c’est un exploit.
Félicitations à elle.
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