Et si on oubliait le câble ?
On rêve tous de partir plusieurs jours en montagne sans avoir à recharger sa montre GPS. Ou plus simplement, on a tous déjà vécu ce moment : les chaussures sont aux pieds, on est prêt à sortir courir… et là, écran noir. La montre est vide. Le solaire pourrait bien changer ça. Non pas en rendant la recharge inutile pour toujours, mais en prolongeant l’autonomie au point de ne plus s’en soucier pendant des jours. Est-ce suffisant pour courir une semaine sans rien brancher ? On fait le point.
Trois cas d’usage à distinguer
Mode GPS activé en continu
C’est le scénario le plus exigeant pour la batterie. Quand on lance une activité avec le GPS en pleine précision, la consommation grimpe vite. Certaines montres, comme les Garmin Instinct Solar, tiennent plus de 60 heures dans ce mode, et jusqu’à 145 heures si l’ensoleillement est optimal. Les Fenix Solar ne sont pas en reste : sur les modèles récents comme la Fenix 7X ou 8X Solar, on dépasse les 70 heures. Ce n’est pas illimité, mais largement suffisant pour couvrir un ultra de plusieurs jours ou une expédition en refuge.
Usage quotidien mixte
En usage classique – montre portée tous les jours avec notifications, fréquence cardiaque, et une ou deux séances GPS par semaine – les modèles solaires révèlent tout leur intérêt. La Suunto Vertical Solar ou la Garmin Fenix 8 Solar, par exemple, peuvent tenir entre deux et quatre semaines sans recharge, à condition d’être régulièrement exposées à la lumière du jour.
Mode montre seule
Sans activité GPS, sans Bluetooth, uniquement pour afficher l’heure et suivre quelques données de base, certaines montres solaires peuvent tenir très longtemps. Garmin annonce même une autonomie « illimitée » sur l’Instinct 2X Solar, à condition que la montre soit portée dehors plusieurs heures par jour. Concrètement, on peut largement passer un été entier sans recharger… tant qu’on ne lance pas une activité GPS tous les matins.
Ce que disent les chiffres : comparatif des meilleures montres GPS solaires
Entre les fiches techniques et la réalité du terrain, il y a parfois un écart. Pour y voir plus clair, voici un résumé des autonomies constatées ou annoncées sur les modèles phares en 2026. Les données croisent les annonces officielles, les tests indépendants et les retours utilisateurs dans des conditions réalistes de trail ou d’ultra.
Autonomie GPS : les écarts sont énormes selon les modèles
La Garmin Fenix 8 Pro, malgré son statut premium, propose environ 44 à 48 heures de GPS continu sans soleil. Avec une bonne exposition, on peut monter jusqu’à 78 heures. Ce n’est pourtant pas la plus endurante. Sa version Solar, avec un écran transflectif plus sobre, grimpe facilement à 67 heures en GPS pur, voire 95 heures en plein soleil.
La Fenix 7S Pro Solar reste dans les mêmes zones, avec 40 à 45 heures sans lumière directe et un maximum supérieur à 90 heures en conditions idéales. Suunto frappe fort avec la Vertical Solar : 65 heures en précision élevée, plus de 140 heures en mode Tour, si le soleil est au rendez-vous. De quoi traverser un massif sans stress.
Mais les championnes restent l’Enduro 3 et l’Instinct 2X Solar. L’Enduro dépasse les 120 heures de GPS sans recharge, et peut frôler les 200 heures grâce au solaire. L’Instinct 2X, elle, plafonne à 145 heures de GPS et peut rester allumée indéfiniment en mode montre simple, si elle est portée dehors chaque jour.
Et pour ceux qui ne courent pas tous les jours ?
En usage classique, les montres GPS solaires tiennent largement la distance. La Fenix 8 Pro offre environ 10 jours en montre connectée. La Fenix 8 Solar grimpe à presque un mois. La Suunto Vertical aussi. L’Enduro 3, quant à elle, explose les compteurs avec une autonomie de 36 à 90 jours selon les réglages. L’Instinct 2X Solar peut se contenter du soleil pour fonctionner sans interruption.
Les modèles non solaires comme la COROS APEX 4 ou l’Amazfit T-Rex 3 Pro ne peuvent rivaliser sur la durée GPS, mais tiennent tout de même trois à quatre semaines en mode montre. Pour un usage routier ou une pratique modérée, cela reste largement suffisant.
Ce qui fait vraiment la différence
Le type d’écran joue un rôle crucial. Les écrans transflectifs (MIP) consomment peu, surtout en extérieur. Les dalles AMOLED ou MicroLED, comme celles de la Fenix 8 Pro, sont plus lisibles mais vident la batterie plus vite. Le mode GPS sélectionné pèse aussi lourd : plus la précision est fine (multibande, double fréquence), plus la batterie s’épuise. Il faut aussi tenir compte de toutes les fonctions actives : capteurs, notifications, LTE, etc. Enfin, bien sûr, tout dépend de l’exposition réelle au soleil. Une montre glissée sous une manche ou dans un sac ne capte presque rien.

Faut-il y croire ?
Non, une montre GPS solaire ne se recharge pas toute seule par magie. Mais oui, elle peut vous faire oublier le câble pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines selon votre pratique. Et c’est déjà une vraie révolution pour tous ceux qui passent du temps dehors.
Une montre solaire ne rend pas la recharge obsolète, mais elle en repousse les limites. En course, sur un ultra ou pendant un week-end prolongé, cela fait une vraie différence. Et pour les traileurs réguliers, une bonne montre solaire permet de courir longtemps sans se soucier du niveau de batterie. Le câble finit littéralement par prendre la poussière.
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