De retour sur l’UTMB après quatre ans d’absence, François D’Haene vise un 5e titre historique à Chamonix. Mais face à lui, le plateau élite pourrait être étonnamment dégagé. On fait le point sur la situation, à cinq mois de l’événement.
François D’Haene UTMB
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À 39 ans, François D’Haene affiche une motivation intacte : inscrire une cinquième fois son nom au palmarès de l’UTMB l’Ultra-Trail du Mont-Blanc.
Depuis sa victoire en 2021, il s’est éloigné du circuit UTMB, explorant d’autres défis (Hardrock, Diagonale, projets off). Mais 2025 marque un tournant : toute sa saison est structurée autour d’un objectif clair, assumé, annoncé — revenir à Chamonix et tenter un 5e sacre inédit.
1 une préparation spécifique
Pour maximiser ses chances, D’Haene a choisi la voie de la spécificité : viser une et une seule course. Pas de Hardrock 100 ou de Western State cet été, pas de tentative de doublé déraisonnable. Il mise sur une montée en puissance progressive, avec l’expérience pour guide et une gestion minutieuse des charges. Un choix stratégique… qui prend encore plus de sens lorsqu’on regarde le plateau potentiel en face.
2 la voie dégaée, les autres élites ailleurs
Il semblerait que certains des adversaires historiques soient cette année en retrait, semblant avoir fait d’autres choix cette saison.
– Jim Walmsley, vainqueur en 2023, participera à la Western States 100 fin juin. Il a déjà tenté plusieurs fois de doubler avec l’UTMB, sans succès jusqu’à 2023. Mais la difficulté d’enchaîner ces deux courses majeures reste immense, et son état de fraîcheur fin août reste incertain.
-Vincent Bouillard, vainqueur sortant, sera lui aussi au départ de la Western. Son envie de défendre son titre à Chamonix est probable, mais le défi est de taille.
– Kilian Jornet, recordman de victoires à l’UTMB (4), n’a pas encore dévoilé son programme. Mais entre ses engagements familiaux et ses récentes blessures, rien n’indique pour l’instant une préparation centrée sur Chamonix.
– Mathieu Blanchard, deux fois sur le podium à l’UTMB, a clairement annoncé son absence en 2025. Sa saison se limitera à trois courses : Snowdonia by UTMB en mai, la Hardrock 100 en juillet, et peut-être les Mondiaux à Canfranc en septembre. Ce sera la première fois depuis des années qu’il ne sera pas présent à l’UTMB.
Résultat : aucun de ces leaders n’a confirmé officiellement sa présence à l’UTMB 2025, et certains seront absents à coup sûr. Autre facteur important : la qualification. Depuis la mise en place des UTMB World Series, même les élites doivent gagner leur dossard pour les finales de Chamonix.
La qualification des élites à l’UTMB
Deux options :
– Un podium sur une course du circuit (Event ou Major)
– Un UTMB Score élevé (≥ 760 pour les hommes sur 100M) réalisé sur une course labellisée
Kilian Jornet, Jim Walmsley et Vincent Bouillard sont qualifiés à l’UTMB mais ne participeront pas
Sur ce point, Jim Walmsley, Kilian Jornet et Vincent Bouillard ont validé leur qualification en montant sur le podium du Chianti Ultra Trail by UTMB au printemps (1er, 2e et 3e respectivement). Ils ont donc le droit d’aligner une participation à l’UTMB 2025.
Mais qualification ne signifie pas engagement. S’ils choisissent de ne pas s’aligner (ou s’ils arrivent fatigués d’un enchaînement difficile), cela ouvre encore un peu plus le jeu pour un D’Haene préparé à 100 %.
Le double Western States–UTMB : un défi (presque) impossible
Enchaîner la Western States 100 (fin juin) et l’UTMB (fin août) est devenu un classique du fantasme ultra. Mais la réalité est bien plus rude.
Les chiffres parlent d’eux-mêmes :
– Jim Walmsley a tenté ce doublé plusieurs fois. En 2017, il a abandonné à la Western puis terminé 5e à l’UTMB. En 2018 et 2021, il a gagné la Western, mais a abandonné à Chamonix.
– Seuls Kilian Jornet (2011), Nikki Kimball (2007), et Courtney Dauwalter (2023) ont réussi à gagner les deux courses la même année.
– Seule Courtney Dauwalter a réussi le triplé (incluant aussi la Hardrock 100) en 2023, restant l’exception absolue.
L’écart de 8 semaines entre les deux courses ne permet pas une récupération complète, encore moins une préparation spécifique. Ceux qui enchaînent arrivent rarement frais à Chamonix, se retrouvant en compétition face à une génération montante… mais pas encore dominante.
Derrière ces figures établies, quelques coureurs plus jeunes ou moins médiatisés pourraient tirer leur épingle du jeu sur l’UTMB :
Aurélien Dunand-Pallaz, 2e en 2021, connaît le parcours par cœur.
Germain Grangier, très solide sur la diagonale, pourrait viser plus haut.
Petter Engdahl, Tom Evans, Dakota Jones, voire Pau Capell (selon son retour de blessure) sont des outsiders crédibles.
Mais à ce stade, aucun ne semble construire sa saison spécifiquement autour de l’UTMB, comme le fait D’Haene. Mais si un certain nombre de planètes commencent à s’aligner, rappelons que l’UTMB ne se gagne jamais d’avance. Terrain technique, météo capricieuse… aucun palmarès ne protège d’un coup de mou et le niveau de performance nécessaire aujourd’hui est tel que la moindre faiblesse est fatale. L’expérience de François D’Haene est un atout, mais la montagne reste souveraine. Une erreur, une chute, une hypoglycémie et tout peut basculer.
À cinq mois du départ, François D’Haene semble bénéficier d’une fenêtre unique dans sa carrière : une forme ascendante, une préparation ciblée, et un plateau de concurrents historiques clairsemé ou dispersé. Sauf revirement de dernière minute, il pourrait bien avoir, sinon le champ libre, du moins un boulevard stratégique pour viser un 5e sacre historique. Mais comme toujours à l’UTMB, le suspense reste intact !
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