Après avoir longtemps parlé de performance, de volume d’entraînement et de gestion de course, une figure du trail français met des mots sur l’après : l’épuisement psychologique.
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Dans le podcast Ultra Run, Anne-Lise Rousset explique avoir traversé un burn-out à la suite d’une saison 2024 qu’elle décrit comme “très usante”, marquée par un échec majeur sur UTMB Mont-Blanc.
Son témoignage met en lumière une réalité souvent tenue à distance dans le sport d’endurance : la fragilité mentale peut toucher aussi les athlètes les plus expérimentés, y compris lorsque la préparation paraît “maîtrisée” sur le papier.
Anne-Lise Rousset parle de son burn out après sa saison 2024 “très usante”
Dans l’entretien, la traileuse relie son burn-out à une accumulation. Elle revient d’abord sur une première alerte au printemps, lors du MIUT, une épreuve de 162 km disputée dans des conditions difficiles, qu’elle termine à la 2e place. Elle explique y avoir ressenti une fatigue déjà lourde, ainsi qu’un état d’esprit dégradé, avec l’impression d’avancer “par obligation”, sans plaisir.
Elle raconte ensuite avoir fait de l’UTMB la priorité de sa saison, en enchaînant de “gros blocs” d’entraînement. Mais, à mesure que l’échéance approche, elle décrit des signaux de surcharge : lassitude, fatigue persistante, puis un problème physique qui s’installe, avec une cheville qui “partait dans tous les sens” et un gonflement important dans les quinze jours précédant la course.
Un UTMB vécu comme un stress majeur, puis l’abandon après 80 km
Le jour de la course, elle décrit un départ sous tension, avec une dimension “très anxiogène”. Elle insiste sur la charge mentale propre à ce rendez-vous, où l’attente sportive et médiatique est forte et où l’engagement de préparation laisse peu de place à l’improvisation.
La course bascule ensuite rapidement. Elle abandonne “à mi-course”, de nuit, après environ 80 km. Elle situe l’effondrement dans la montée du Col de la Seigne, et décrit un épisode où tout “craque”, dans un mélange d’usure mentale et de fatigue profonde.
Dans ses mots, l’image est celle d’une fracture progressive plutôt que d’un accident isolé : un organisme qui encaisse, puis cède. Elle parle d’une “fracture de fatigue” au sens figuré, comme pour dire que le problème ne naît pas sur la ligne de départ, mais bien avant, dans l’empilement des contraintes, des objectifs et du stress.
La reconnaissance tardive des symptômes et la question du diagnostic
Un point clé de son récit intervient après la course. Elle explique que l’échec a été long à digérer et qu’elle a dû “couper” à l’automne. Elle ajoute qu’elle a compris plus tard, lors d’une conférence, avoir “coché toutes les cases” du burn-out.
Sur le plan médical, il est important de rester rigoureux sur les termes. Le burn-out est couramment utilisé pour décrire un syndrome d’épuisement lié au stress chronique, notamment professionnel, mais il ne correspond pas à une pathologie psychiatrique unique et universellement codée comme un diagnostic clinique autonome. Dans la classification internationale (CIM-11), l’“épuisement professionnel” est plutôt présenté comme un phénomène lié au travail. Le témoignage d’une athlète n’en est pas moins précieux : il décrit un vécu, des symptômes, et une trajectoire, sans se substituer à une évaluation médicale individuelle.
Ce cadre de prudence n’empêche pas de comprendre ce que son récit documente : la difficulté, pour une sportive de haut niveau, d’identifier le moment où l’exigence devient surcharge, puis rupture. Et, surtout, la manière dont l’échec en course peut agir comme un révélateur d’un état psychologique déjà dégradé.
En résumé, le trail de haut niveau valorise la résistance, la capacité à durer, et la gestion de l’inconfort. Cette culture peut rendre plus difficile la reconnaissance d’une souffrance psychologique, parce qu’elle se confond parfois avec l’idée de “passage à vide” ou de “coup de moins bien”.
Le récit d’Anne-Lise Rousset trace une limite nette : il existe des signaux d’alerte qui ne relèvent plus de la simple fatigue d’entraînement.
En filigrane, il pose aussi la question du cumul des rôles. Dans d’autres prises de parole publiques, elle a déjà évoqué l’équilibre délicat entre sport, vie personnelle et activité professionnelle, un thème récurrent chez les athlètes d’endurance qui ne vivent pas exclusivement de leur pratique.
Enfin, ce témoignage rappelle un point rarement formulé aussi directement : l’UTMB n’est pas seulement une course longue et technique, c’est aussi un événement à forte charge émotionnelle, où la pression du “jour J” peut devenir un facteur déterminant de la performance, mais aussi du risque de bascule.
Sources sur Anne-Lise Rousset
- Article de L’Équipe « Après un UTMB Mont-Blanc anxiogène en 2024, Anne-Lise Rousset a souffert d’un burn-out » (4 février 2026) : https://www.lequipe.fr/Ultra-trail/Actualites/Apres-un-utmb-mont-blanc-anxiogene-en-2024-anne-lise-rousset-a-souffert-d-un-burn-out/1639310 ;
- Épisode « Point final : Anne-Lise Rousset » sur la plateforme Ausha :
https://podcast.ausha.co/courir-mieux/point-final-anne-lise-rousset
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