2 cueilleurs de champignons se sont mis à plat ventre pour éviter les balles des chasseurs : cela relance la question sécurité des coureurs en période de chasse
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Début février 2026, un fait divers survenu dans le Var relance un débat que beaucoup de traileurs connaissent trop bien. Deux hommes partis cueillir des champignons sur les hauteurs de Bormes-les-Mimosas se retrouvent pris au milieu d’une battue aux sangliers. Aucun panneau ne signale la chasse en cours à l’entrée du sentier qu’ils empruntent. Puis les tirs retentissent. À proximité. Trop près. Pour éviter d’être touchés, ils se couchent à plat ventre dans la forêt en criant pour signaler leur présence. Personne n’est blessé. Mais la scène interroge. Et inquiète.
Rappel des faits
Selon leur témoignage, les deux cueilleurs ne voient aucune signalisation annonçant une battue. Pourtant, les coups de feu éclatent autour d’eux. Ils décrivent une situation confuse, des tirs dans plusieurs directions, et la nécessité de se plaquer au sol pour ne pas être pris pour du gibier. Le secteur n’est pas anodin. En octobre 2024, dans la même zone, un homme de 38 ans est grièvement blessé par un tir de chasseur alors qu’il ramasse lui aussi des champignons dans une zone autorisée. Il est amputé après avoir été confondu avec un animal. Le précédent existe. Et il pèse lourd.
Les chasseurs ne peuvent pas dire qu’il ne faut pas sortir, la battue n’est pas signalée
À chaque incident, un argument revient : il ne fallait pas être là. Mais la forêt est un espace partagé. Elle n’appartient pas à une seule activité certains jours de la semaine. Sauf arrêté spécifique et clairement affiché, promeneurs, traileurs, vététistes et cueilleurs ont le droit d’y circuler. Dans ce cas précis, aucune information visible n’indique une chasse en cours. Sans signalisation fiable, il est impossible d’exiger des usagers qu’ils renoncent à sortir. On ne peut pas demander aux coureurs de suspendre tout entraînement hivernal sur la base d’un calendrier opaque ou invisible.
Ils portent des gilets fluos alors que ce n’est pas obligatoire
Les deux hommes portent des gilets fluorescents. Ce n’est pas une obligation pour les promeneurs. Ils prennent pourtant cette précaution élémentaire pour être visibles. Malgré cela, ils se retrouvent sous les tirs. La visibilité est souvent invoquée dans les débats sur la sécurité en forêt. Mais cet épisode montre que porter des couleurs vives ne garantit rien. Pour les traileurs, souvent équipés de vêtements techniques colorés, la question est la même : la responsabilité de l’identification ne peut pas reposer sur celui qui se promène.
La sécurité incombe aux chasseurs
Le principe juridique est clair. Celui qui manipule une arme porte une responsabilité renforcée. L’identification formelle de la cible est une obligation. En cas de doute, l’abstention de tir s’impose. Les autres usagers de la forêt ne créent pas le risque létal. Ils ne portent pas d’arme. La charge de la sécurité incombe donc d’abord à ceux qui tirent. Lorsque des tiers doivent se coucher au sol pour éviter des balles, le débat ne peut pas se limiter à la prudence des promeneurs. Il s’agit d’une question de responsabilité.
Faut-il remplacer les chasseurs loisirs par des garde chasse pro
L’incident relance une interrogation plus structurelle. La régulation du gibier doit-elle continuer à reposer majoritairement sur des chasseurs bénévoles ou faut-il renforcer le rôle de professionnels formés et encadrés ? Certains estiment qu’une professionnalisation accrue permet une meilleure coordination des battues, une information centralisée et une traçabilité plus rigoureuse. D’autres défendent le modèle actuel des sociétés locales. Mais la multiplication des usages de la forêt — trail, randonnée, VTT — rend la cohabitation de plus en plus complexe. La question de l’organisation ne peut plus être éludée.
Attend on un nouveau drame
En 2025, un joggueur s’est fait tirer dans le genou, une autre dans le pied. En 2026, deux hommes à plat ventre pour éviter des tirs. Combien d’incidents supplémentaires faut-il pour que la sécurisation des battues et l’information des autres usagers deviennent une priorité absolue ? Pour les traileurs qui passent des heures seuls en forêt pour préparer leurs courses de 30, 50 ou 100 kilomètres, l’inquiétude est réelle. La question n’est pas d’opposer les pratiques, mais de garantir que chacun puisse évoluer dans un espace commun sans risquer sa vie. La forêt est un bien partagé. La sécurité doit l’être aussi.
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