Faut-il interdire les chiens sur les sentiers? Le débat qui divise
Au Québec, la majorité des sentiers de course interdisent les chiens. En France, la loi n’oblige même pas à les tenir en laisse. Entre les deux, un débat qui mérite qu’on s’y attarde.
Si vous courez régulièrement au Québec, vous l’avez probablement remarqué : la plupart des sentiers populaires interdisent les chiens. Parc national du Mont-Orford, Sentier des Caps, Parc de la Gatineau, Mont-Tremblant. La liste est longue. Les panneaux sont clairs : pas de chiens, même en laisse.
En France, c’est pratiquement l’inverse. Cette semaine, on pouvait lire un article qui rappelait quelque chose de surprenant : la loi française n’oblige pas à tenir son chien en laisse dans les sentiers. Bien sûr, certains espaces naturels protégés imposent leurs propres règles, mais le contraste avec le Québec est frappant.
France vs Québec : deux philosophies opposées
Le Québec a choisi l’interdiction préventive. On interdit d’abord, on protège les écosystèmes, on évite les problèmes avant qu’ils arrivent. C’est une approche de gestion du risque.
La France mise sur la responsabilité individuelle. On fait confiance aux propriétaires pour gérer leur animal, on compte sur le bon sens, on intervient seulement quand il y a un problème réel.
Deux philosophies, deux résultats différents. Au Québec, moins de conflits entre usagers, mais aussi moins de liberté pour les propriétaires responsables. En France, plus de flexibilité, mais aussi plus de risques de dérapages.
Pourquoi ces interdictions au Québec ?
Les raisons officielles : protection de la faune, sécurité des autres usagers, préservation des écosystèmes fragiles. Et honnêtement, ces raisons tiennent la route. Le Québec a des écosystèmes sensibles qui méritent d’être protégés.
Mais il y a aussi une autre raison, moins officielle : trop de propriétaires de chiens ne font pas attention.
Le problème, ce n’est pas les chiens
On a tous vécu ces situations. Le chien qui court vers nous en jappant. Le propriétaire qui crie « il est gentil ! » pendant que son golden retriever nous saute dessus. Les crottes laissées en plein milieu du sentier. La laisse extensible de 10 mètres qui bloque tout le passage.
Le problème n’a jamais été les chiens. Ce sont les propriétaires qui ne connaissent pas leur animal ou qui s’en foutent. Et malheureusement, au lieu d’éduquer les propriétaires irresponsables, on a choisi la solution facile : interdire tout le monde.
Mon opinion : l’interdiction est une conséquence
Je vais être direct : l’interdiction des chiens sur les sentiers québécois, c’est la conséquence directe de l’irresponsabilité d’une minorité de propriétaires.
Si tout le monde avait fait attention, si tout le monde avait respecté les règles de base, on n’en serait pas là. Mais trop de gens ont pensé que les règles ne s’appliquaient pas à eux. Et maintenant, même les propriétaires responsables paient le prix.
Est-ce que c’est juste? Non. Est-ce que c’est la solution idéale ? Absolument pas. Mais c’est la réalité.
Connaître son chien, c’est la base
Si on veut éventuellement renverser ces interdictions, il faut commencer par la base : connaître son chien.
- Comprendre ses limites physiques. Un husky peut courir 20 km sans problème. Un bouledogue français va souffrir après 2 km.
- Gérer son comportement. Si votre chien n’écoute pas les commandes de base, il n’a pas d’affaire sur un sentier partagé.
- Respecter les autres usagers. Certaines personnes ont peur des chiens. D’autres sont allergiques.
- Ramasser les crottes. Toujours. Sans exception.
Tant qu’on aura des propriétaires qui pensent que les règles ne s’appliquent pas à eux, les interdictions vont rester en place. Et franchement, on peut difficilement blâmer les gestionnaires de sentiers pour ça.
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