Dans le monde ultra-compétitif du trail, certains cherchent la performance, d’autres l’aventure. Mais pour Théo, 38 ans, traileur passionné et poly-inscrit, il ne s’agit pas de choisir. Depuis deux ans, il court jusqu’à trois courses en simultané, le même week-end, quitte à laisser ses quadriceps en garde alternée. Confidences exclusives d’un homme qui repousse les limites du calendrier et du bon sens.
Dans le petit monde du trail, certains week-ends sont de véritables casse-têtes. À la fin août ou début septembre, plusieurs ultra-trails majeurs se disputent l’attention des coureurs : l’UTMB à Chamonix, le SwissPeaks Trail en Suisse, les 100 Miles Sud de France et l’Infernal Trail des Vosges, qui tombent souvent à quelques jours d’intervalle. Même dilemme début octobre avec le Festival des Templiers dans l’Aveyron, le Trail des Aiguilles Rouges à Chamonix et le Grand Trail du Saint-Jacques dans le Massif central.
Des calendriers qui feraient rêver… s’ils ne mettaient pas les traileurs face à des choix déchirants.
Mais Théo, lui, a refusé de choisir.
Il ne voit plus les courses comme des objectifs, mais comme des relations à entretenir. « Je me suis inscrit sur l’UTMB, le SwissPeaks et l’Infernal Trail des Vosges, tous le même week-end. J’ai commencé à 3h du matin à Chamonix, puis j’ai pris un Blablacar pour filer en Suisse, avant de terminer dans les Vosges avec les quadri en feu. Émotionnellement, c’est intense. Il faut apprendre à aimer plusieurs ravitos sans culpabiliser. »
Une organisation millimétrée
Comme dans tout bon « polytrail », la logistique est la clé. Théo alterne entre Flasques souples, sacs préchargés, et baskets interchangeables dans des caches secrètes. « Je dors dans ma voiture entre deux ultras. Et pour l’alimentation, je garde une pâte de fruit dans chaque poche, une pour chaque course. C’est symbolique. »
La fidélité aux sponsors, un casse-tête
« Mon sponsor pour le trail long, c’est Salomon. Pour le court, c’est Decathlon. Et j’ai un contrat local pour le trail de la Bière avec un kebab. Du coup je change de t-shirt entre chaque course. Un jour j’ai failli faire une story Insta avec le mauvais hashtag, ça aurait pu casser l’harmonie. »
Des règles strictes pour préserver l’équilibre
Théo a mis en place une charte d’engagement très claire :
– S’il fait un podium sur une course, il refuse toute récompense sur les deux autres par respect.
– Il ne consulte jamais les classements en direct, pour ne pas créer de jalousie entre ses dossards.
– Il interdit toute photo où deux dossards sont visibles en même temps.
Une vie de passion, pas toujours comprise
« Mon entourage ne comprend pas toujours. On me dit que je suis instable, que je papillonne. Mais je suis fidèle à toutes mes courses… à ma façon. »
Théo espère que la société trail évoluera et acceptera enfin les multi-inscrits : « Un jour, on pourra peut-être courir plusieurs ultras dans le même fuseau horaire sans être jugé. »
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