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🎧 À quelques heures du départ de la Diagonale des Fous 2026, l’organisation du Grand Raid réaffirme une règle simple : les grands noms du trail ne bénéficient pas de traitement de faveur.
Pierre Maunier, président de l’association qui organise la Diagonale des Fous et les autres courses du Grand Raid de La Réunion, l’a clairement expliqué dans un entretien accordé au Quotidien de La Réunion. Même lorsqu’un athlète possède un palmarès international, les règles d’inscription et les contraintes du règlement restent les mêmes pour tous.
Cette position a été illustrée récemment par plusieurs demandes d’athlètes de haut niveau, notamment Blandine L’Hirondel et Milan Larivière, auxquelles l’organisation n’a pas donné automatiquement suite.
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Blandine L’Hirondel n’a pas pu obtenir une place sur le Zembrocal
Le sujet est notamment illustré par le cas de Blandine L’Hirondel.
La championne française souhaitait participer au Zembrocal Trail, mais sa demande n’a pas été acceptée.
Même scénario évoqué avec Milan Larivière, champion d’Europe de triathlon, qui souhaitait prendre le départ du Métis Trail.
Dans les deux cas, Pierre Maunier justifie les refus par le règlement et les délais d’inscription.
« Ce n’est pas parce qu’on est élite internationale qu’on doit passer outre les règlements »
Sur ce sujet, le président du Grand Raid ne laisse quasiment aucune marge d’interprétation.
« Ce n’est pas parce qu’on est élite internationale, ce n’est pas parce qu’on a un nom, qu’on doit passer outre les règlements qui sont faits pour tout le monde », explique-t-il.
Autrement dit, le statut sportif ne donne pas automatiquement accès à une course lorsque les règles d’inscription ne sont pas respectées.
Les mêmes dates et les mêmes règles pour tous
Pierre Maunier insiste notamment sur les périodes d’inscription et sur les contraintes réglementaires.
Lorsqu’un athlète demande à intégrer une course alors qu’il n’était pas prévu au départ, l’organisation regarde simplement si elle peut légalement et réglementairement l’accepter.
« Si je peux, je peux, si je ne peux pas, je ne peux pas », résume-t-il.
Dans le cas de Blandine L’Hirondel, une autre solution a finalement été trouvée : l’organisation lui a proposé la Mascareignes, proposition qu’elle a acceptée.
Pas question de créer une règle spéciale pour les stars
Le raisonnement du Grand Raid est également lié à l’équité entre les participants.
Pierre Maunier explique que s’il autorisait une personnalité connue à contourner une règle, les autres coureurs pourraient légitimement demander pourquoi le règlement existe.
Il anticipe d’ailleurs directement la réaction : presse, réseaux sociaux et compétiteurs reprocheraient alors à l’organisation de ne pas respecter ses propres textes.
La ligne affichée est donc simple : la même limite doit s’appliquer à tout le monde.
Une fermeté qui fait partie de l’identité du Grand Raid
Cette position s’inscrit dans une philosophie plus large revendiquée par Pierre Maunier.
Le président estime que le Grand Raid doit rester une véritable compétition et ne pas chercher à rendre systématiquement la course plus confortable pour les participants.
Il va même jusqu’à considérer que « plus on va donner de confort aux compétiteurs, moins on sera une course cotée ».
Selon lui, la difficulté et le respect strict des règles de l’ultra-trail contribuent justement à la réputation internationale de l’épreuve.
En résumé, le Grand Raid de la Réunion assume une vision presque populiste du trail : la même règle pour tous
Cette position dépasse largement le seul cas de la Diagonale des Fous. Dans le trail comme dans le reste de la société, les passe-droits accordés aux personnalités, aux influenceurs ou aux sportifs très connus cristallisent régulièrement les critiques. Le problème n’est pas forcément le nombre de places concernées, mais le sentiment d’injustice qu’elles peuvent provoquer chez ceux qui ont suivi toutes les étapes, attendu une ouverture d’inscription ou participé à un tirage au sort.
L’UTMB en fournit régulièrement l’exemple. Sur la MCC 2026, l’organisation réserve officiellement une petite partie des dossards aux journalistes et influenceurs, tandis que d’autres places sont destinées aux partenaires. La très grande majorité reste réservée aux habitants locaux et aux bénévoles, mais ces invitations suffisent régulièrement à provoquer des réactions chez les coureurs qui considèrent qu’un dossard devrait d’abord se gagner selon les mêmes règles pour tous.
Plus largement, l’UTMB assume d’ailleurs l’existence d’invitations accordées aux médias et créateurs de contenu, qui représenteraient environ 1 à 2 % des places. L’organisation les justifie par leur capacité à faire connaître le trail à un public plus large.
Le Grand Raid choisit ici d’afficher la philosophie inverse : le prestige, le palmarès ou la notoriété ne doivent pas permettre de contourner une règle. C’est une conception presque populiste du sport, au sens premier du terme : privilégier l’égalité de traitement entre le champion international et le coureur anonyme plutôt que les privilèges liés au statut.
Cette posture peut évidemment paraître rigide, mais elle touche à une attente devenue très forte dans le trail : conserver l’idée que, une fois devant le règlement et sur une ligne de départ, un nom connu ne vaut pas davantage qu’un autre dossard.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
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