Le trail ne se résume pas à une ligne de départ, un chrono et un classement. Ceux qui courent le savent. Mais ceux qui regardent commencent aussi à le comprendre. Depuis quelques années, les films de trail ont profondément évolué. Ils ne montrent plus seulement des performances. Ils racontent des trajectoires, des doutes, des échecs, et surtout cette relation très particulière entre le corps et le temps.
Regarder un film de trail après une sortie longue ou en période de récupération, ce n’est pas seulement se divertir. C’est prolonger l’expérience. C’est revivre des sensations. Et parfois, c’est aussi se confronter à des réalités que l’on préfère éviter sur le terrain.
Les films de trail, les grands classiques : quand la légende du trail se construit à l’écran
Certains films sont devenus des références. Ils structurent l’imaginaire du trail moderne.
La Barkley Sans Pitié plonge dans l’univers presque irréel de la Barkley Marathons.
Ici, le trail devient une énigme, une quête où l’absurde et l’extrême se rejoignent.
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Avec Dejame Vivir, on change encore d’échelle.
Le film suit Kilian Jornet dans ses projets alpins et montre une dimension plus intime, presque philosophique, du rapport à la montagne.
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Les portraits d’athlètes : comprendre ce qui se joue derrière la performance
D’autres films prennent le contre-pied en se concentrant sur les individus.
Ultra Pur s’intéresse à Anton Krupicka, figure à part du trail américain.
Minimaliste, marginal, souvent blessé, il incarne une autre vision du sport, loin des standards de performance.
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Dans Simple comme un ultra, le regard se déplace encore.
Il ne s’agit plus seulement de courir, mais de comprendre ce qui pousse à continuer. La vie d’ultra-traileur y est montrée dans sa complexité, entre exigence personnelle et équilibre fragile.
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Long Shorts offre une immersion rare dans le quotidien de deux références du sport, dont Courtney Dauwalter et François D’Haene.
Le film dépasse la performance pour s’intéresser à la manière dont ces athlètes vivent, pensent et construisent leurs courses.
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Les films d’aventure : quand le trail sort du cadre des courses
Le trail ne se limite pas aux compétitions. Et certains films le montrent mieux que d’autres.
L’Altra Strada suit Lambert Santelli sur le GR20.
Ici, il n’y a pas de dossard, mais un record à battre. Le terrain devient l’adversaire principal.
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Dans A Long Day Out, Kilian Jornet propose une approche presque opposée.
Une sortie longue, sans objectif officiel, qui devient une aventure en soi. Le message est clair : il n’est pas nécessaire de traverser la planète pour vivre quelque chose d’intense.
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Dans un registre plus moderne et plus accessible, le film « 4 raisons de faire du trail » de Clem Qui Court propose une approche différente, à mi-chemin entre vlog et documentaire scénarisé.
Tourné en Oman lors de la Oman by UTMB, il suit une bande de coureurs engagés sur un format exigeant de 118 km et 5820 m de dénivelé. Mais au-delà de la course, le film raconte surtout une dynamique de groupe, une progression personnelle et une manière décomplexée de vivre le trail. À travers le parcours de Clément Deffrenne, passé en un an d’anonyme à figure visible du trail sur les réseaux, le message est clair : le trail n’est pas réservé à une élite, il peut aussi être une aventure collective, ludique et profondément humaine.
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GR 20 en 4 jours – Dans un format plus introspectif, le film consacré au GR20 de Mathieu Blanchard propose une lecture radicalement différente du trail.
Loin des logiques de record ou de performance pure, l’athlète choisit ici une traversée en autonomie totale, avec tente, matériel et nourriture sur le dos, sur près de 180 km et 11 000 mètres de dénivelé. Cette approche transforme complètement le rapport à l’effort : le rythme ralentit, la gestion devient centrale, et chaque décision compte. Le film met en tension deux dimensions souvent opposées dans le trail moderne, entre souffrance physique et émerveillement face aux paysages, dans une expérience qui se rapproche davantage de l’aventure que de la compétition.
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Les coulisses de l’UTMM 2024 avec Casquette Verte
À l’opposé des grands espaces et des courses mythiques, le film consacré aux coulisses de l’UTMM propose une vision décalée mais révélatrice du trail moderne. Porté par Casquette Verte, ce format court revient sur une “course pirate” organisée à Paris, consistant à enchaîner des centaines d’allers-retours dans les escaliers de Montmartre pour atteindre 80 km et plus de 11 000 mètres de dénivelé. Derrière le concept volontairement absurde, le film documente surtout une autre réalité du trail : celle du contenu, du live, du rapport au public via Twitch, et d’une pratique qui sort des codes traditionnels. Le terrain n’est plus la montagne, mais l’expérience, presque performative, d’un effort mis en scène.
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Les films qui parlent du temps : la vraie difficulté du trail
C’est sans doute l’évolution la plus marquante du genre. Certains films ne parlent plus de distance, mais de temps.
The Cutoff en est l’exemple le plus récent.
En se concentrant sur les barrières horaires de la Cocodona 250, il montre une réalité souvent invisible : celle des coureurs qui luttent pour rester en course.
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Dans le même esprit, Contre la Montre suit Perrine Fages sur le Tor des Glaciers.
Là encore, le véritable adversaire n’est pas la montagne, mais le chrono.
Pourquoi ces films parlent à tous les traileurs
Ce qui frappe, quand on met ces films bout à bout, c’est leur complémentarité. Aucun ne raconte exactement la même chose. Certains glorifient la performance. D’autres la déconstruisent. Certains mettent en avant les élites. D’autres donnent la parole aux anonymes.
Mais tous posent la même question, de manière plus ou moins directe : pourquoi courir aussi longtemps, aussi loin, aussi difficilement ?
Il n’y a pas de réponse unique. Et c’est précisément pour cela que ces films fonctionnent. Ils permettent à chacun de projeter sa propre pratique, ses propres doutes, ses propres objectifs.
Regarder du trail pour mieux courir : ces films ne sont pas seulement des contenus à consommer. Ils sont des outils.
Ils influencent la manière dont on aborde une course, dont on gère un effort, dont on accepte une difficulté.
Certains donneront envie d’aller plus loin. D’autres rappelleront l’importance de ralentir. D’autres encore permettront simplement de comprendre que, dans le trail, il n’y a pas une seule manière de réussir.
Et c’est peut-être là leur véritable intérêt. Montrer que derrière chaque course, il y a une histoire. Et que cette histoire ne se résume jamais à un résultat.
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