À Fumel, en Lot-et-Garonne, un fait divers survenu le 18 février rappelle à quel point la cohabitation dans les espaces ruraux est devenue inflammable.
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Un propriétaire a tiré un coup de fusil en l’air pour éloigner des chasseurs qui longeaient sa propriété, craignant pour ses chevaux. Les gendarmes de Villeneuve-sur-Lot ont entendu les protagonistes. L’auteur du tir devra s’expliquer devant la justice en avril. L’affaire, relatée par Sud Ouest et d’autres quotidiens régionaux, pourrait sembler locale. Elle révèle pourtant une tension plus large. Dans les commentaires, le débat a rapidement dégénéré. Certains dénoncent l’arrogance supposée de chasseurs qui se croiraient tout permis. D’autres pointent du doigt les promeneurs, cyclistes ou coureurs qui franchiraient clôtures et panneaux « propriété privée » sans autorisation. Les échanges deviennent agressifs, parfois outranciers. Les réseaux sociaux amplifient la fracture.
Une campagne partagée, des usages qui s’entrechoquent
Les campagnes ne sont plus des espaces à usage unique. On y chasse, on y élève des animaux, on y exploite des terres. Mais on y marche, on y roule à vélo, on y court. Le trail a profondément transformé notre rapport aux territoires ruraux. Des milliers de coureurs sillonnent chaque week-end chemins communaux, pistes forestières, sentiers balisés. Beaucoup découvrent des zones qu’ils ne fréquentaient pas auparavant. Cette diversité d’usages crée des frictions. Les propriétaires redoutent les intrusions et les dégâts. Les chasseurs rappellent leur mission de régulation, en s’appuyant sur les données avancées par les autorités compétentes concernant les populations de sangliers et de cervidés. Les pratiquants d’activités de pleine nature revendiquent un droit d’accès aux espaces naturels, notamment lorsqu’il s’agit de chemins publics. Dans ce contexte, un coup de feu, même tiré en l’air, agit comme un symbole. Il matérialise une rupture de confiance. Il transforme un différend sur des limites de propriété en affaire judiciaire.
Le trail pris en étau entre propriété privée et battues
Pour les traileurs, la question n’est pas théorique. Combien d’entraînements interrompus par une battue signalée tardivement ? Combien de sentiers fermés, de demi-tours imposés ? À l’inverse, combien de passages hors trace ou de franchissements de clôtures, parfois par méconnaissance du statut des terrains ? Le trail repose sur un équilibre fragile. Il valorise la nature, mais dépend du respect des règles locales. Un chemin communal n’est pas une forêt privée. Une forêt privée n’est pas nécessairement interdite, mais elle n’est pas libre d’accès par principe. La nuance est essentielle. L’incident de Fumel montre ce qui se produit lorsque chacun campe sur ses positions. Les chasseurs estiment exercer un droit légal. Le propriétaire considère défendre ses terres et ses animaux. Les observateurs projettent leurs propres frustrations sur la chasse ou sur les comportements jugés inciviques.
La violence verbale, autre symptôme d’un malaise
Au-delà du fait divers, la lecture des réactions en ligne interpelle. Certains commentaires assimilent le tir à une tentative d’homicide. D’autres minimisent les faits. D’autres encore franchissent la ligne en légitimant la violence. Cette escalade verbale traduit une radicalisation des positions. Elle rend plus difficile toute discussion apaisée sur la gestion de la faune, la sécurité des activités de pleine nature ou le partage des espaces. Or, le trail a tout intérêt à éviter ce piège. La discipline repose sur l’acceptation locale. Les organisateurs négocient des autorisations, des conventions de passage et des calendriers compatibles avec les périodes sensibles. Chaque tension supplémentaire fragilise ces équilibres.
Dates de fin de saison de chasse 2025-2026 en France
- La fermeture générale de la chasse est majoritairement fixée au 28 février 2026, après laquelle la chasse à tir n’est plus autorisée dans la plupart des départements métropolitains.
- Pour certaines catégories de gibier ou zones spécifiques, des dates légèrement différentes ou exceptions peuvent exister, mais la fin de février reste la norme administrative.
En clair : la saison cynégétique française s’étend pour la plupart des espèces et des départements jusqu’au 28 février 2026, après quoi la chasse devient généralement interdite ou très limitée, ce qui donne un repère utile pour la sécurité en espace naturel. (Les dates précises peuvent varier selon les arrêtés préfectoraux par département et par espèce, mais le 28 février 2026 est la clôture la plus largement appliquée.)
La fin de saison suffira-t-elle ?
La saison de chasse touche progressivement à son terme. Beaucoup espèrent que cela apaisera les tensions. Mais le problème dépasse le calendrier. Il concerne le partage des espaces, la lisibilité des règles et le respect mutuel. La nature n’est pas un décor neutre. Elle est un territoire d’usages multiples. Courir en forêt implique de connaître les périodes de chasse, de respecter les interdictions temporaires et de ne pas franchir de clôtures. De leur côté, les autres usagers doivent intégrer que la fréquentation sportive fait désormais partie du paysage rural. La tension monte, oui. Mais si rien ne change dans le dialogue et l’organisation, elle reviendra à la saison prochaine. Et nos sentiers, eux, méritent mieux qu’un climat permanent de défiance.
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