La polémique autour du retrait de Cilaos du tracé 2026 de la Diagonale des Fous prend une nouvelle tournure.
Alors que le président du Grand Raid évoquait récemment une décision prise “d’un accord commun” afin de soulager la municipalité, le maire de Cilaos, Jacques Técher, conteste désormais cette version. Dans un communiqué relayé par la presse locale, il dénonce une décision “unilatérale et sans concertation” du président Pierre Maunier. La divergence est publique. Et elle change la lecture du dossier.
Deux versions qui s’opposent
- Mercredi, le président du Grand Raid expliquait que le passage par Cilaos serait supprimé en 2026 dans un esprit d’apaisement, notamment en raison des difficultés de circulation régulièrement constatées lors de l’événement. Il évoquait un choix partagé pour “soulager la municipalité”.
- Mais ce vendredi, le maire de Cilaos affirme que la décision aurait été annoncée comme un fait accompli lors d’une réunion en fin d’année. Il parle d’un “couperet” et regrette l’absence de dialogue. À ce stade, il ne s’agit pas d’une question de tracé technique, mais d’un désaccord sur la méthode et sur la concertation.
Un contexte de tensions anciennes
Ce différend ne surgit pas de nulle part.
Dès 2022, le conseil municipal de Cilaos adoptait une motion relative à l’organisation du Grand Raid sur son territoire. Le document évoquait un “coma circulatoire” sur la RN5, plus de 2 500 véhicules empruntant la route escarpée du cirque, des problèmes de stationnement et une pression logistique jugée difficilement soutenable.
La municipalité demandait alors des solutions concrètes : navettes obligatoires, parkings alternatifs, encadrement renforcé des flux. Autrement dit, la commune signalait des difficultés structurelles, sans appeler explicitement à la suppression du passage de la course.
Une question de moyens plus que de principe
Dans son communiqué, Jacques Técher insiste sur un point : Cilaos ne serait pas opposée au Grand Raid en tant que tel. Il évoque même les “millions d’euros de retombées économiques” générées par l’événement. La revendication porterait davantage sur les moyens alloués à la gestion des flux, sur la sécurisation et sur l’accompagnement logistique d’un événement d’ampleur internationale. Le maire appelle désormais à une reprise du dialogue afin de trouver des solutions adaptées.
– La Diagonale des Fous 2026 ne passera pas par Cilaos.
– Le président du Grand Raid évoque un choix partagé pour soulager la commune.
– Le maire de Cilaos dénonce une décision unilatérale et sans concertation.
– Des tensions logistiques existaient depuis plusieurs années.
En revanche, aucun document public ne permet à ce stade de trancher juridiquement sur l’origine exacte de la décision ni sur le niveau précis de concertation ayant précédé l’annonce.
Une séquence politique autant que sportive
La sortie de Cilaos du parcours dépasse désormais le cadre strict du trail. Elle met en lumière les équilibres complexes entre une association organisatrice, une commune de montagne et les contraintes d’un événement devenu mondial. Pour les coureurs, la conséquence immédiate est connue : un tracé 2026 sans passage par le cirque. Pour les institutions, la question devient celle du dialogue et de la méthode. Une réunion serait prévue fin mars afin d’examiner les possibilités d’évolution. Le débat, lui, est désormais ouvert sur la place publique.
Au-delà de la question du tracé, le dossier Cilaos ne peut pas être totalement isolé du climat actuel qui entoure le Grand Raid.
Depuis plusieurs semaines, l’association traverse une période marquée par des tensions internes, des départs, une suspension conservatoire contestée et un contrôle fiscal en cours. Le président a lui-même revendiqué une gestion qu’il souhaite interne, tout en appelant à faire cesser les critiques publiques.
Dans ce contexte, la décision de retirer Cilaos du parcours 2026 prend une dimension plus large qu’un simple ajustement logistique. Elle intervient alors que la gouvernance de l’événement fait déjà débat et que la question de la transparence s’invite dans l’espace public.
Il ne s’agit pas d’affirmer un lien direct entre ces différents dossiers. Mais force est de constater que le “psychodrame Cilaos” s’inscrit dans une séquence plus tendue pour l’institution, où chaque décision est désormais scrutée, commentée et interprétée.
La Diagonale des Fous reste une course mythique. Reste à savoir si l’institution qui l’organise parviendra à apaiser les tensions internes avant que celles-ci ne prennent le pas sur l’image et l’unité du trail réunionnais.
Source
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