Pendant longtemps, quand on parlait trail, on parlait Salomon. PUBLICITÉ – VOTRE ÉQUIPEMENT SALOMON EST EN VENTE SUR AMAZON
chaussures de trail Salomon Speedcross

chaussures de trail Salomon Speedcross
Sur les lignes de départ de l’UTMB, dans les Alpes, dans les Pyrénées, dans les cailloux, la marque était partout. Aux pieds des élites, sur le dos des amateurs, dans les sacs, sur les podiums. Aujourd’hui, Salomon est toujours là. Mais ce n’est plus seulement une marque de trail. Et c’est peut-être ça, le vrai tournant.
Salomon, d’Annecy aux sommets : une marque née dans la montagne
L’histoire commence à Annecy, juste après-guerre. À l’époque, Salomon ne fabrique ni chaussures de trail ni sacs d’hydratation. On parle d’acier, de fixations de ski, d’innovation pure. Dans les années 50 et 60, la marque construit sa réputation sur la sécurité et la technique. Les fixations qui libèrent le pied avant la fracture. Les chaussures de ski qui révolutionnent l’enfilage. L’entreprise savoyarde grandit avec le boom des sports d’hiver. Salomon devient un géant mondial du ski. Puis la neige se fait rare. Les hivers sans flocons frappent le marché. Il faut se diversifier. Randonnée, snowboard, textile. La montagne reste le fil conducteur.
En 2000 le trail explose avec Salomon qui cartonne
Salomon comprend avant beaucoup d’autres que la course en montagne n’est pas un marché de niche. Elle investit. Elle structure. Elle équipe. Des modèles comme la Speedcross deviennent omniprésents. Le sac Adv Skin redéfinit le confort en ultra. La marque sponsorise les plus grands athlètes, s’impose sur les plus grandes courses. À un moment, le trail représente l’essentiel de son activité. Salomon devient la référence mondiale. Dans l’imaginaire collectif, trail = Salomon.
En 2015 Salomon bascule
En 2015, quelque chose change. Dans une boutique pointue du Marais, à Paris, une paire de Snowcross attire l’œil. Une chaussure technique, pensée pour la neige, devient objet de désir urbain. Le phénomène “gorpcore” s’installe. Les citadins adoptent l’esthétique montagne. Les semelles agressives deviennent tendance. Le trail devient un code visuel. Salomon lance sa ligne Sportstyle. Recrute un directeur artistique issu de la mode. Multiplie les collaborations. Les Speedcross et XT-6 quittent les sentiers pour les trottoirs. À partir de là, l’équation change. Salomon ne parle plus uniquement aux traileurs. Elle parle aux créateurs, aux stylistes, aux métropoles asiatiques, aux marchés internationaux. Son actionnariat évolue. Son déploiement en Asie explose. La France ne représente plus qu’une petite part du chiffre d’affaires.
Salomon évolue et finit perd son ADN
Dire que Salomon n’est plus une marque de trail ne veut pas dire qu’elle a abandonné le trail. Elle continue d’innover. Elle continue d’équiper les élites. Elle reste performante sur les produits techniques. Mais elle est devenue autre chose. Une marque globale. Une marque de style. Une marque de culture. Le trail est passé d’un sport confidentiel à un symbole. Et Salomon a compris que le symbole valait autant que la performance. Aujourd’hui, on croise des XT-6 dans le métro parisien, à Tokyo ou à Séoul. Des gens qui ne feront jamais un ultra portent des chaussures pensées pour 100 kilomètres en montagne.
La question est simple : quand une marque née dans l’acier savoyard devient icône de mode mondiale, est-ce qu’elle perd son âme ? Ou est-ce simplement la suite logique d’une entreprise qui, depuis 80 ans, n’a jamais cessé d’anticiper les mutations du marché ? Le ski dans les années 60, c’était l’innovation permanente. Le trail dans les années 2000, c’était la nouvelle frontière. La mode dans les années 2015, c’est l’extension naturelle d’une esthétique forte. Salomon n’est plus seulement une marque de trail parce que le trail n’est plus seulement un sport. C’est devenu une culture, un imaginaire, une signature visuelle. La vraie question n’est donc pas “Salomon a-t-elle trahi le trail ?” La vraie question, pour nous traileurs, c’est : est-ce que ça change quelque chose à notre manière de courir en montagne ?
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