Garmin avance sur un terrain déjà balisé par les contentieux. Après les épisodes Strava et Suunto, une nouvelle décision de justice américaine relance le débat autour des wearables. Cette fois, il ne s’agit ni de segments, ni d’algorithmes, ni de brevets logiciels. Le cœur du sujet est plus simple — et plus sensible : le design d’un bracelet sans écran.
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Garmin à nouveau menacé par une décision judiciaire qui rappelle le précédent Strava / Suunto
Garmin n’en est pas à son premier épisode judiciaire dans l’univers des montres sportives : Strava a contesté l’usage de fonctionnalités liées aux segments et aux données d’activité, tandis que Suunto a attaqué sur plusieurs brevets technologiques intégrés aux montres multisports. L’affaire a fait le buzz pendant plusieurs semaines en octobre 2025, chacun prenant position, soit pour Strava, soit pour Garmin.
Ces dossiers ont montré une chose : dans l’écosystème trail et outdoor, l’innovation ne protège pas de la confrontation. Les fonctionnalités peuvent être contestées, les technologies attaquées, et les accords passés scrutés à la loupe dès que les enjeux deviennent stratégiques.
Strava / Suunto : rappel des faits
Les précédents contentieux concernaient l’usage de fonctionnalités logicielles (segments, données d’activité) et certains brevets techniques intégrés aux montres GPS. Le terrain était technologique. Le débat portait sur le code et les capteurs.
Aujourd’hui, le curseur se déplace. Ce ne sont plus les fonctionnalités ou les technologies embarquées qui sont au centre du débat, mais la forme même du produit.
Pourquoi la bataille juridique commence autour des bracelets sans écran
Qu’est-ce qu’un bracelet sans écran ?
C’est une bande textile portée au poignet (ou parfois au bras), sans cadran, sans boutons, sans notifications. Rien ne s’affiche. À l’intérieur, un capteur mesure en continu la fréquence cardiaque, la variabilité (HRV), le sommeil et la récupération. Les données sont analysées dans une application mobile.
L’intérêt pour un traileur est clair : ne pas porter une montre volumineuse en permanence — comme une Fenix 8 — tout en conservant un suivi physiologique précis. Plus discret, plus confortable, plus facile à garder 24 h sur 24.
Le marché des bracelets sans écran s’est imposé comme une tendance forte. Pour les traileurs et les ultra-runners, l’intérêt est évident : un capteur discret, porté en continu, dédié à la variabilité cardiaque, à la récupération et à la charge interne. Moins d’affichage, plus de données. Moins de distraction, plus d’analyse.
Dans cette logique, la montre GPS reste l’outil de navigation et de gestion de course, tandis que le bracelet devient le capteur physiologique permanent. C’est une brique complémentaire que Garmin ne peut ignorer. D’où les rumeurs persistantes autour d’un bracelet sans écran évoqué sous le nom de « CIRQA ».
Mais ce minimalisme a un revers : les possibilités de différenciation visuelle sont limitées. Une bande textile, un module central, une esthétique épurée. Le terrain devient étroit.
La menace juridique vient de Whoop, déjà installé sur ce créneau

Début février, un tribunal fédéral américain a accordé à Whoop une injonction préliminaire contre un fabricant accusé d’avoir commercialisé un bracelet trop proche du sien. La vente est suspendue pendant la procédure. Le juge a estimé qu’il existait un risque de confusion lié à l’apparence du produit.
Pour l’instant, Garmin n’est visé par aucune action concernant les bracelets sans écran. Pourtant, si un modèle arrivait sur le marché avec une esthétique jugée trop proche d’un acteur installé, le précédent existe désormais. Dans un univers où tous les produits tendent vers la sobriété, la frontière entre inspiration et imitation peut vite devenir un sujet de tribunal.
En résumé, pour les traileurs, l’enjeu est concret. Le développement des outils de suivi physiologique dépend autant de l’innovation technologique que de la liberté de design.
Après les tensions sur les fonctionnalités logicielles, le champ de bataille se déplace. Les bracelets sans écran, en pleine montée en puissance, deviennent à leur tour un terrain sous surveillance.
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À ce jour, aucune procédure judiciaire n’est engagée contre Garmin concernant un bracelet sans écran. Le présent article analyse les conséquences potentielles d’une décision de justice récente impliquant un autre acteur du marché des wearables. Toute référence à Garmin relève d’une analyse prospective fondée sur des éléments publics (décision de justice, informations sectorielles, rumeurs produits relayées publiquement) et ne constitue en aucun cas l’affirmation d’un contentieux existant ou imminent.
Les hypothèses évoquées s’inscrivent dans un contexte d’évolution concurrentielle du marché des dispositifs connectés et ne préjugent ni des intentions de Garmin, ni de l’existence d’un produit finalisé, ni d’une action judiciaire à venir.
Cet article est rédigé de bonne foi, dans un objectif d’information du public et d’analyse des enjeux technologiques et juridiques du secteur des wearables. Il ne comporte aucune volonté de diffamation, de dénigrement commercial ou de nuire à l’image de Garmin ou de tout autre acteur mentionné. Les éléments présentés relèvent du débat d’intérêt général relatif à l’innovation, à la concurrence et à l’évolution du marché des équipements sportifs connectés.






