Le trail est devenu un sport narcissique
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Avant-hier, on nous demandait de parler plus de Grima. Hier, de parler moins de Blanchard. Et aujourd’hui ? De l’ego des traileurs. Même si on ne peut pas tout publier tel quel — certains messages sont trop crus ou trop directs — ils nourrissent le débat. Celui du jour mérite de s’y attarder : un lecteur nous écrit pour dénoncer ce qu’il appelle “le profond égoïsme du monde du trail”.
Selon lui, ce sport qu’il aimait pour sa simplicité devient “un défilé d’auto-célébration, de narcissisme, de storytelling forcé”. Et il nous demande : peut-on encore parler d’esprit trail, quand tout semble inciter à briller plutôt qu’à partager ?
Par quel chemin le trail est-il de devenu un sport égoïste qu’il faut déconstruire
Les élites ont sacrifié leur humilité sur l’autel de la performance
Les élites donnent le ton. Par leur niveau, leur exposition, leurs sponsors. Quand elles doublent sans un mot, quand elles postent leurs podiums à la chaîne, quand elles recyclent sans fin les mêmes phrases sur “la résilience” ou “le dépassement”, elles imposent une norme : courir pour dominer, pas pour relier.
Elles ne sont pas toutes à mettre dans le même panier. Mais dans un univers où l’image est reine, leurs gestes comptent. Un regard fuyant, une absence d’échange, un post Strava sans âme : autant de signaux envoyés à la communauté. Le trail devient scène. Il y a ceux qu’on regarde… et ceux qu’on ignore.
Les influenceurs ont transformé le trail en vitrine de soi
Beaucoup d’influenceurs sont passionnés, sincères, pédagogues. Mais d’autres véhiculent une image complètement déconnectée de la réalité : tout est facile, rapide, performant. Tout est “optimisé”. Tout est sponsorisé. Le trail devient un décor pour vidéos léchées, où l’objectif n’est plus de ressentir, mais de produire.
Certains ne courent plus pour vivre une course, mais pour exister sur un fil. Le feed Instagram devient plus important que le ressenti à l’arrivée. Et chacun devient son propre média, mesurant son impact à l’aune des likes et non à celle du vécu.
La quête de visibilité a détruit la culture du silence
Historiquement, le trail se pratiquait dans l’ombre. On partait seul, avec un sac, sans bruit, pour revenir transformé. Aujourd’hui, la course est choisie pour son potentiel de partage, de collab, de vues. Le téléphone remplace le carnet de bord. Le ravito devient un décor. L’émotion se prépare à l’avance, en vue d’une story.
Ce n’est pas la visibilité en soi qui est en cause. C’est la perte de sens dans ce qu’on choisit de montrer. On ne voit plus les galères, les doutes, la peur. On ne voit que des sourires et des hashtags. Et l’esprit du trail, c’est justement tout ce qui ne se voit pas.
L’image a pris le pas sur l’expérience
À force de filmer, commenter, scénariser, certains ne courent plus pour courir. Ils courent pour construire un personnage. Tout devient matière à contenu : la boue, les larmes, les ampoules… à condition que ce soit bankable. On n’est plus dans l’instant, on est dans le recul éditorial permanent.
Le trail devient performance sociale. On se définit par ce qu’on montre. Pas par ce qu’on vit. Et même les “aventures authentiques” deviennent des récits calibrés. On parle de sincérité, mais on vend un mythe.
En résumé, faut-il revenir à l’ombre, courir sans témoins, refuser tout relais médiatique ?
Pas forcément. Le trail a aussi grandi grâce à ses figures visibles. Certaines élites inspirent. Certains influenceurs motivent. Le problème n’est pas la visibilité. C’est ce qu’on en fait.
L’avenir du trail passera peut-être par une redéfinition de ses codes. En réhabilitant la lenteur, le silence, l’inutile. En valorisant la parole vraie plutôt que le pitch. En se souvenant que le plus beau moment d’un ultra n’est pas la photo de l’arrivée, mais la main tendue à un inconnu au 85e kilomètre.
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Cet article exprime une analyse d’ensemble, sans cibler d’individus en particulier. Il repose sur des observations générales et des ressentis partagés dans la communauté. Il ne vise ni à diffamer, ni à dénigrer des personnes ou des marques. Il s’inscrit dans un débat d’intérêt général sur l’évolution des pratiques sportives.






