Yukon Arctic Ultra : Paul Clément a construit sa victoire au kilomètre près
Après 10 jours de froid, de vent et de neige, Paul Clément n’est plus qu’à moins de 40 km de l’arrivée. Sa course n’a pas été un sprint : c’est une démonstration de gestion, et une lecture parfaite d’une épreuve où chaque arrêt peut coûter une place.
La Yukon Arctic Ultra ne récompense pas le plus spectaculaire. Elle récompense le plus lucide. Depuis le départ, Paul Clément a mené une course de contrôle, sans s’affoler, en acceptant que l’allure réelle ne se mesure pas au kilomètre-heure, mais à la capacité à repartir, encore et encore, quand le corps réclame l’arrêt. À l’heure où nous écrivons ces lignes, le tracker l’affiche à 608,6 km sur 645 km : il reste 36,4 km, et la victoire est à portée de pas.
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Paul Clément a construit sa course sur la régularité, pas sur l’ego
Dès les premiers jours, Clément a imposé un style clair : avancer longtemps, limiter les erreurs, ne pas se griller. Dans ce type d’ultra polaire, la frontière entre “gagner du temps” et “se mettre dans le rouge” est fine. Sa force a été de rester dans une zone de maîtrise, avec des pauses gérées, sans sur-réaction aux mouvements des autres, et sans se laisser aspirer par un rythme trop ambitieux quand les conditions se durcissaient.
Le tracker résume bien cette logique : la moyenne globale de course tourne autour de 2,9 km/h, mais la vitesse de déplacement, elle, est bien supérieure lorsque la trace est praticable. En d’autres termes, l’avance ne se construit pas uniquement en marchant plus vite, mais en perdant moins de temps dans les “trous noirs” de la course : les longues pauses, les hésitations, les sections subies.
Le tournant : tracer dans 30 à 50 cm de neige quand les autres attendent
L’épisode décisif de sa fin de course est celui que tout le monde a vu venir… sans forcément oser le faire. La neige est tombée en continu, lourde, humide, avec du vent, au point de recouvrir le sentier. Alors que les poursuivants ont choisi d’attendre que les motoneiges tassent et rouvrent la trace, Clément est parti seul “dans la neige jusqu’aux genoux”, en acceptant un effort qui ne ressemble plus à de la course, mais à un chantier physique et mental.
Le message posté sur son compte public est limpide : « Je pars ». Il a relancé avec environ 40 km à couvrir. Dans le même temps, la situation s’est débloquée avec l’arrivée d’une motoneige pour ouvrir la trace devant lui. Ce détail change tout : sur ce terrain, une trace ouverte peut transformer une nuit interminable en progression continue.
Paul Clément devrait arriver vers 20h50 France
À 12 h 44 (heure française), le tracker affiche Paul Clément à 608,6 km sur 645 km. Il reste donc 36,4 km jusqu’à Braeburn. La vitesse instantanée indiquée est de 4,5 km/h. En gardant ce rythme, la projection est simple : 36,4 km divisés par 4,5 km/h donnent environ 8 h d’effort. Cela place une arrivée estimée vers 20 h 50 (heure française) ce mardi 10 février.
Et si Clément termine comme il gère depuis le début, ce ne sera pas une victoire “au courage” seulement. Ce sera une victoire de stratégie.
Une victoire qui raconte ce qu’est vraiment la Yukon Arctic Ultra
Il y a des courses où l’on gagne en attaquant. Ici, on gagne en survivant proprement. La fin de course de Paul Clément raconte exactement ce que la Yukon impose : accepter d’avancer quand la logique pousse à attendre, accepter de perdre du confort pour garder le mouvement, et garder une décision simple en tête : repartir. Si l’arrivée se confirme autour de 20 h 50 en France, il restera une image forte de cette édition : un Français qui a choisi de continuer quand le sentier disparaissait.
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