La Yukon Arctic Ultra entre dans une phase où tout se joue autant dans la tête que dans les jambes. Les températures restent relativement douces pour le Yukon, autour de moins dix degrés, mais la neige qui tombe sans arrêt rend l’ambiance très humide et use les organismes. Après l’abandon de Guillaume Grima, stoppé par des pieds trop abîmés, la course a changé de dynamique : il n’y a plus de duel devant, mais une lutte permanente contre la solitude, le sommeil et la dégradation des conditions.
Paul Clément poursuit en tête, sans relâcher
Paul Clément est toujours en tête avec 495,5 kilomètres au compteur. Il est sur le trajet retour et il lui reste environ 150 kilomètres pour boucler les 645 kilomètres de l’épreuve. Malgré l’avantage d’être premier, il continue à maintenir un rythme soutenu après plus de six jours d’effort, dans une configuration où la gestion du manque de sommeil et l’isolement deviennent un paramètre majeur de la course.
Un podium qui se joue à l’heure de sommeil près
Derrière, la bataille est plus serrée que jamais. Yasmin Stoderegger pointe à 428,4 kilomètres et Jan Rohrberg à 427,4 kilomètres : un seul kilomètre les sépare, autant dire rien à ce stade. Maxime Bachelot est quatrième à 419,1 kilomètres, à moins de dix kilomètres du duo, et donc en position d’attendre le bon moment si les arrêts se désynchronisent. Dans ces conditions, une pause un peu plus longue, un réveil difficile ou une section plus lente dans la neige humide peuvent suffire à inverser l’ordre du podium en quelques heures.
Un moment rare sur le Dena Cho Trail
Clément a croisé Maxime Bachelot sur le Dena Cho Trail, l’un sur le retour, l’autre encore sur l’aller. Ce type de rencontre est bref, mais il rappelle à quel point les trajectoires peuvent se superposer sur ce format aller-retour, et comment le mental se nourrit parfois de très peu dans ce genre d’ultra.
La “douceur” du Yukon, un piège pour les pieds
Le contraste est saisissant : moins dix degrés peut sembler “facile” sur le papier, mais la neige qui tombe en continu et l’humidité qui s’installe transforment la course en épreuve d’usure. Les pieds prennent cher, les vêtements sèchent mal, et la fatigue s’accumule plus vite. L’abandon de Grima, provoqué par des pieds trop détériorés, reste dans toutes les têtes au moment d’attaquer les prochaines heures.
Sur le 350 km, les finishers se multiplient
Sur le format 350 kilomètres, plusieurs arrivées sont déjà actées. Alexander Hoerniss et Michaela Senft apparaissent finishers, tout comme Gerald Zechner, Daniel Benhammou et Victor Hugo Barros do Carmo. La course continue néanmoins de se durcir avec l’humidité persistante, ce qui laisse attendre d’autres rebondissements, même sur les formats plus courts.
Clément est devant, mais l’histoire n’est pas écrite : il reste une dernière tranche de course où la lucidité, la capacité à dormir “juste ce qu’il faut” et la résistance à l’humidité peuvent valoir autant que les kilomètres déjà parcourus. Derrière lui, le podium est ouvert, serré, et prêt à bouger au prochain arrêt.
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