La Yukon Arctic Ultra 2026 entre dans une phase rare : celle où une course d’ultra-endurance en autonomie bascule dans un mano a mano presque “lisible” minute par minute.
Dans le Yukon, au nord-ouest du Canada, les concurrents avancent en tirant une pulka, loin des routes et des repères habituels, avec une gestion permanente du sommeil, de la nutrition et du matériel.
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Cette année, la Yukon Arctic Ultra ne se raconte pas seulement en kilomètres, mais en conditions.
Alors que la course est réputée pour son froid sec, l’édition 2026 se déroule sous des températures anormalement douces, avec une humidité persistante qui alourdit la neige, détrempe les équipements et complique la gestion des pieds. Une configuration qui change la course, et qui rend les écarts encore plus fragiles.
Demi-tour à Faro : la course bascule dans le retour
Après 4 jours et demi d’effort, Guillaume Grima a atteint Faro, point de bascule du parcours aller, puis a fait demi-tour pour entamer le retour. Cette configuration offre un élément rare sur ce type d’épreuve : la possibilité de croiser les poursuivants sur la même trace, et donc de “sentir” la pression se rapprocher, sans attendre un pointage lointain.
Dans une course aussi longue, le demi-tour n’est pas une formalité. Il marque un changement de dynamique, avec une fatigue déjà installée, des micro-problèmes accumulés, et un mental qui doit repartir sur un deuxième acte. Sur le papier, le retour peut sembler plus simple si la trace est déjà marquée. Sur le terrain, il impose souvent une gestion encore plus fine, car l’organisme est déjà entamé.
Classement en direct de la Yukon Arctic Ultra : 2 km d’écart entre Grima et Clément

Au dernier pointage visible sur le live tracker, Guillaume Grima apparaît toujours en tête avec 375,5 km, tandis que Paul Clément suit à 373,5 km. L’écart n’est plus que de 2 km. À ce stade, il ne s’agit pas d’un avantage “confortable”, mais d’une marge psychologique, susceptible de disparaître au moindre arrêt prolongé, au moindre ralentissement ou à la moindre difficulté matérielle.
Derrière, la course se restructure. Maxime Bachelot occupe la 3e place avec 304,8 km, suivi de Jan Rohrberg à 302,7 km. Yasmin Stoderegger est 5e avec 297,6 km, devant Alexander Hoerniss à 294,5 km. La tête de course, elle, se joue désormais dans un duel où chaque séquence de repos et chaque choix de rythme peuvent inverser la hiérarchie.
“Tout est mouillé” : la météo douce change la nature de l’épreuve
Le fil conducteur de cette édition est confirmé par le principal intéressé. Guillaume Grima décrit une course chaude et humide, très différente de 2025. Il explique aussi une sensation nouvelle de contrôle, liée à l’expérience acquise et à une meilleure capacité à imposer son tempo.
Message de Guillaume Grima : « Il fait toujours chaud. Par rapport à l’année dernière, où il faisait froid et sec, cette année il fait chaud et humide. On dirait presque la Guyane ! Ça ne va pas trop mal, je suis plutôt bien. L’année dernière, je subissais un peu : c’était la découverte. Là, j’arrive vraiment à mettre le rythme que je veux, à accélérer quand je veux. Je me sens fort dans les côtes et je suis un meilleur pilote quand je glisse dans les descentes. Je suis assez trempé, tout est mouillé, mon système de bivouac et tout. Après c’est pas compliqué de bivouaquer vu qu’il ne fait pas froid, mais c’est les pieds très vite trempés, c’est d’autres problématiques à gérer, mais ça fait voir la course différemment. »
Cette déclaration résume l’enjeu central du moment : moins de risque d’engelures, mais davantage de contraintes liées à l’humidité. Dans ces conditions, la performance se joue aussi sur la capacité à rester fonctionnel, à protéger les pieds, à éviter la macération, et à gérer un matériel qui sèche mal. Sur la durée, ces détails peuvent coûter bien plus cher qu’un simple ralentissement.
Une course qui se resserre… avec seulement 8 concurrents encore en lice
Autre indicateur de la dureté de l’édition : il ne resterait plus que 8 concurrents engagés sur ce format longue distance. Ce chiffre, dans une course déjà réputée extrême, souligne une sélection naturelle rapide, accentuée cette année par une neige plus lourde et des conditions moins “pures” que le froid sec attendu.
Dans ce contexte, le suspense annoncé n’est pas un effet de style. À 2 km, Paul Clément est réellement en position de reprendre Guillaume Grima, et la course peut se renverser sur un événement minuscule : un arrêt imprévu, un problème de pied, un choix de repos, ou un simple passage moins fluide sur une section dégradée.
En résumé, la Yukon Arctic Ultra 2026 tient son scénario : un demi-tour à Faro, une météo douce qui détrempe tout, et un duel franco-français qui se joue désormais au contact.
À ce niveau d’écart, la course n’est plus seulement une question de résistance, mais de précision. Et dans une édition où l’humidité devient un adversaire permanent, la moindre faiblesse peut immédiatement se voir au classement.
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