Il a déjà vaincu le froid. En 2026, Thierry Corbarieu revient pour dompter à nouveau la Yukon Arctic Ultra.
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À 56 ans, Thierry Corbarieu repart à l’assaut du Grand Nord. Portrait d’un coureur hors-norme qui transforme les terres hostiles en terrain de jeu.
Le 1er février, sur la ligne de départ de la Yukon Arctic Ultra, un silence gelé régnera sur Teslin. Chacun fixera son traîneau. Et dans la foule des frontales, deux noms retiendront l’attention : Guillaume Grima, le jeune revenant… et Thierry Corbarieu, le vétéran du froid. Le second n’a plus rien à prouver. Mais il revient. Parce que l’appel du Nord est plus fort que la gloire.
En 2019, il avait déjà dompté cette course extrême, la plus longue de toutes : 700 kilomètres d’autonomie complète, en milieu polaire, par des températures flirtant avec les –40°C. Un exploit salué dans le monde entier. Mais cette année encore, il repart. Non pour revivre un souvenir, mais pour affronter une version totalement nouvelle de l’épreuve. Et comme toujours, avec humilité.
Un sportif atypique, taillé pour l’autonomie
Corbarieu n’a pas le profil classique du traileur. Ancien rugbyman, chef d’entreprise, père de famille… Il ne s’est pas forgé dans les labos du sport, mais dans le sable, le vent, la neige. C’est à la dure qu’il a construit sa résistance, en alignant les défis d’endurance extrême : Marathon des Sables, Trans333, Spine Race, Tor des Géants, traversée des Pyrénées… et bien sûr, l’Iditarod Trail Invitational 1000, qu’il a remporté en 2023. 1 650 km en autonomie dans l’Alaska profond. L’enfer blanc, version XXL.
Sa force n’est pas sa vitesse. C’est sa gestion. De l’effort. Du sommeil. Du froid. De la peur. Il répète souvent que dans ces courses, « on n’affronte pas les autres. On affronte le doute, la solitude, et la fatigue qui vous chuchote d’abandonner. »
2026 : plus qu’un retour, un face-à-face avec lui-même
Cette nouvelle édition du Yukon Arctic Ultra ne ressemble à aucune autre. L’organisation a dû revoir tout le tracé, suite à l’annulation de la Yukon Quest. Le résultat : un parcours plus brut, plus lent, sans chiens de traîneaux pour damer la neige. 645 km entre Teslin et Faro, en autosuffisance, avec un enneigement incertain et des températures annoncées comme « modérées ». Modérées ? Pas pour tout le monde. Corbarieu regrette presque ce froid trop doux : « À –20°C, la luge colle. À –40°C, elle glisse mieux », sourit-il. C’est dire son niveau de préparation mentale.
Son matériel est prêt. Son mental aussi. Il sait que tout repose sur la lucidité. « Chaque élément que vous emportez peut vous sauver… ou vous perdre. »
Un coureur en marge, mais au centre du froid
Corbarieu ne cherche pas la lumière. Ce qui l’anime, ce n’est pas la performance brute, c’est l’intensité vécue. En 2025, il a traversé l’Atlantique à la rame avec son fils. En 2023, il a aligné les kilomètres polaires. En 2022, il remportait déjà l’Iditarod 500. Chaque année, il s’offre un exil. Et chaque fois, il revient plus fort, plus aligné, plus lucide.
Son âge ? Un allié. À 56 ans, il connaît ses signaux d’alerte. Il sait quand manger, quand ralentir, quand s’écouter. Il n’a pas besoin d’accélérer. Juste de continuer.
Le duel français qui va électriser le Yukon, les favoris de la Yukon Artic Ultra : Guillaume Grima et Thierry Corbarieu

Face à lui, un autre Français : Guillaume Grima, 28 ans, deuxième en 2025 derrière Mathieu Blanchard. Deux visions de l’ultra. Deux générations. Deux corps et deux récits. Grima vient pour valider une revanche. Corbarieu pour prolonger une trajectoire. Leurs trajectoires se croisent, mais ne se confondent pas. L’un cherche à écrire son histoire. L’autre sait déjà qu’il est en train d’en conclure un chapitre.
Et dans ce face-à-face, le public retient son souffle. Car la Yukon ne pardonne rien. L’an dernier, seuls 6 coureurs ont terminé. Les abandons sont nombreux, les engelures fréquentes, les hallucinations inévitables. On part seul, on avance seul, on s’arrête seul. La nuit, les secours ne viennent pas. La règle est claire : « tu gères ou tu dégages ».
Thierry Corbarieu, peut-il encore gagner ?
Dans les paris d’avant-course, Corbarieu est évidemment favori. Mais lui n’en parle pas. Il ne cherche pas à « gagner ». Il cherche à aller au bout, proprement, intelligemment. Sans drame, sans fierté mal placée. Avec respect pour les autres… et pour la nature.
Et si au bout de la ligne droite blanche, à Faro, il franchit l’arche le premier, ce sera juste un détail. Ce qui comptera vraiment, c’est qu’il aura tenu. Comme en 2019. Comme toujours.
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