Surnommée le « Lapin Duracell », Claire Bannwarth s’est construite une réputation d’athlète inusable, capable d’enchaîner les ultras de 100, 200 miles et les formats les plus extrêmes de la planète sans jamais sembler ralentir.
Surnommée le « Lapin Duracell », Claire Bannwarth s’est construite une réputation d’athlète inusable, capable d’enchaîner les ultras de 100, 200 miles et les formats les plus extrêmes de la planète sans jamais sembler ralentir.
Pourtant, depuis plusieurs mois, la réalité est toute autre. L’ultra-traileuse française traverse l’une des périodes les plus délicates de sa carrière, marquée par une blessure lourde au pied qui l’a contrainte à stopper la course à pied et à passer par la chirurgie.
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Claire Bannwarth souffre d’une atteinte du tendon tibial postérieur avec affaissement de la voûte plantaire
La pathologie dont souffre Claire Bannwarth n’est pas une simple tendinite. Elle est atteinte d’une lésion chronique du tendon tibial postérieur, un tendon fondamental pour la stabilité du pied et le maintien de la voûte plantaire chez le coureur.
Ce tendon agit comme un véritable hauban interne. Il soutient l’arche du pied, contrôle l’alignement du talon et permet une propulsion efficace. Lorsqu’il se détériore, le pied s’affaisse progressivement, l’arrière-pied part en valgus, la mécanique se dérègle et la douleur devient constante. Chez un ultra-traileur, cette défaillance rend tout simplement impossible la répétition des impacts et des heures d’appui.
Pourquoi cette pathologie est fréquente chez les ultra-traileurs
Chez une athlète comme Claire Bannwarth, cette atteinte du tendon tibial postérieur ne relève pas du hasard. Elle est typiquement liée à l’accumulation de contraintes mécaniques extrêmes sur l’arrière-pied : volumes d’entraînement très élevés, répétition des impacts sur terrains techniques, longues descentes, fatigue musculaire chronique et récupération parfois insuffisante au regard des charges encaissées.
À force d’encaisser des milliers d’heures d’appui, le tendon finit par perdre sa capacité élastique. Il s’allonge, se fragilise, puis ne parvient plus à maintenir correctement la voûte plantaire. Le pied s’affaisse progressivement, l’axe du talon se dévie, et chaque foulée accentue la déformation. Ce cercle vicieux est bien connu chez les coureurs d’ultra-endurance, en particulier après 30–35 ans, lorsque la capacité de régénération des tissus tendineux diminue.
Dans le cas de Claire Bannwarth, l’enchaînement d’ultras de 100 et 200 miles, parfois sans véritables coupures, a probablement conduit à une usure structurelle du système pied–cheville. Ce n’est pas une blessure aiguë, mais une pathologie d’accumulation, fruit de plusieurs années de sollicitations hors normes.
Claire Bannwarth a du subir une chirurgie lourde, une ostéotomie du calcanéum
Dans le cas de Claire Bannwarth, le tendon tibial postérieur ne suffisait plus à assurer la stabilité du pied. La seule option pour espérer retrouver une biomécanique compatible avec la course a été une véritable chirurgie de reconstruction : une ostéotomie du calcanéum.
Concrètement, les chirurgiens ont sectionné le talon afin de le repositionner et de réaligner l’axe de l’arrière-pied. L’objectif est double : corriger l’affaissement de la voûte plantaire et réduire durablement les contraintes exercées sur le tendon lésé. L’os est ensuite fixé par des vis, visibles sur les radiographies de contrôle, afin de stabiliser cette nouvelle architecture.
On ne « soigne » donc pas simplement un tendon inflammé. On modifie la géométrie même du pied pour la rendre à nouveau compatible avec l’appui prolongé, l’impact répété et, à terme, l’ultra-distance.
Quatre semaines après l’intervention, les examens montrent une consolidation normale : l’os cicatrise, les vis sont en place et l’alignement est conservé.
Pourra-t-elle revenir au plus haut niveau en ultra-trail après cette chirurgie?
Sur le plan médical, une consolidation osseuse correcte permet théoriquement un retour à la course. Mais sur le plan de la performance, un retour à des formats de 100 ou 200 miles nécessite une réadaptation de très longue durée, souvent supérieure à un an, avec une reconstruction complète de la tolérance aux impacts.
En ultra-trail, une chirurgie de ce type marque souvent une rupture de trajectoire. Le corps capable d’encaisser 30 à 35 h d’entraînement hebdomadaire avant la blessure n’est jamais exactement le même après. Le retour est possible, mais il passe par une autre gestion de la charge, une autre écoute des signaux, et parfois une redéfinition des objectifs.
Une chose reste certaine : si l’on parle aujourd’hui de tendon rompu, d’os scié puis réaligné, et de vis dans le talon, c’est parce que la pathologie de Claire Bannwarth est tout sauf anodine. Elle ne souffre pas d’un simple « pépin », mais d’une véritable défaillance structurelle du pied, traitée par une chirurgie lourde, dont l’enjeu est clair : lui permettre, peut-être, de recourir très longtemps.
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