Mathieu Blanchard était très attendu ce samedi soir aux Deux-Alpes, sur la ligne de départ du 21 km du Trail des Lumières de la Muzelle.
Courir à domicile, dans une ambiance nocturne et enneigée, semblait presque écrit d’avance pour celui qui a fait de la montagne et de l’aventure un terrain de jeu permanent. Et pourtant, malgré une course solide, l’ultra-traileur termine 4e, à un peu plus de 5 minutes du vainqueur Charles Paget. Une performance surprenante pour certains, mais qui mérite d’être replacée dans son contexte.
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Une course atypique pour un coureur d’ultra comme Mathieu Blanchard
Mathieu Blanchard est connu pour ses exploits sur les très longues distances : UTMB, Yukon Arctic Ultra, Diagonale des Fous… Son corps et son mental sont calibrés pour l’endurance extrême, pas pour les efforts courts et explosifs. Or, le 21 km du Trail des Lumières de la Muzelle se court vite, très vite. La neige, la nuit, le froid ajoutent de la technicité, mais n’effacent pas l’exigence de vitesse propre à ce type de format. Blanchard le sait : ce n’est pas sa spécialité. Il est resté avec le groupe de tête pendant toute la course, mais sans jamais parvenir à accélérer suffisamment pour accrocher le trio de tête.
Le poids de la saison passée
Il faut aussi se rappeler que Mathieu Blanchard sort d’une fin d’année 2025 éprouvante. Après son expédition au Yukon en conditions extrêmes, il a tenté de participer à la Transmartinique, une aventure qui a tourné court à cause d’une infection sévère et d’un épuisement accumulé. Ce DNF (Did Not Finish) a marqué une rupture dans son calendrier et l’a obligé à repenser sa reprise. Cette course aux Deux-Alpes n’est pas un objectif de saison, mais un retour progressif à la compétition. Un moyen de renouer avec l’effort et avec le public local, chez lui, dans une ambiance conviviale.
Une présence plus symbolique que stratégique
Participer à ce trail hivernal, c’était avant tout répondre présent pour sa station. Blanchard vit aux Deux-Alpes, y est actif, investi, et donne beaucoup de visibilité à ce territoire. Sa présence au départ relevait autant du geste de cœur que d’une volonté de se remettre doucement dans le rythme. Il n’était pas là pour gagner à tout prix. Pas besoin de podium pour justifier sa course : il est venu courir avec les amateurs, partager l’événement, et prendre du plaisir. Il l’a fait.
D’autres performances à retenir
Sur le 21 km, c’est donc Charles Paget qui s’impose en 1 h 37 min 15 s. Chez les femmes, Maud Pialet l’emporte avec autorité. Sur le 42 km, l’épreuve reine du week-end, c’est Baptiste Coatantiec (Nike ACG) qui s’est illustré en 3 h 31 min, devant Wall Pinçon. Chez les féminines, Laurence Bonzi a décroché une belle victoire locale.
Blanchard, lui, a décroché la première place en catégorie Masters 0. Ce n’est pas rien. Et surtout, ce n’est probablement qu’un échauffement. Car au vu de ses projets annoncés pour 2026 — Barkley, expéditions polaires, format long — on devine que l’essentiel est ailleurs. Ce week-end, ce n’était pas un échec, mais une étape.






