Militante engagée pour les droits des femmes afghanes, la Britannique Sarah Porter a été contrainte d’abandonner la Winter Spine Challenger South après seulement 30 kilomètres.
Une décision exceptionnelle, prise en urgence après des menaces de mort.
Sarah Porter n’est pas une figure de l’ultra-trail, ni une habituée des podiums. Elle est arrivée tard dans ce sport, il y a moins de deux ans. Mais elle s’est rapidement imposée comme une coureuse engagée, au sens plein du terme.
À la tête d’InspiredMinds, une entreprise qui milite pour un usage éthique de l’intelligence artificielle, elle s’est fait connaître en 2017 pour avoir aidé des jeunes filles afghanes à participer à une compétition internationale de robotique. Depuis, son engagement n’a jamais faibli.
Au moment de la chute de Kaboul en 2021, elle a joué un rôle clé dans l’exfiltration de plusieurs familles menacées par le retour des Talibans. Son travail ne s’est pas arrêté là. Aujourd’hui encore, elle soutient des femmes en exil ou restées sur place, malgré les risques.
La Spinerace, une course choisie comme symbole
Quand elle s’est inscrite à la Spine Challenger South, Sarah Porter savait ce qu’elle faisait. Elle ne cherchait pas seulement à se dépasser physiquement. Elle voulait donner du sens à son effort.
« Britain’s most brutal race », dit le slogan. C’est ce qui l’a attirée. Cette dureté résonne avec la réalité de celles qu’elle soutient. Elle a donc médiatisé son inscription, lancé une collecte de fonds, mobilisé son réseau. Et elle a couru… jusqu’à ce que l’organisation lui annonce que tout devait s’arrêter.
Elle aurait pu terminer. Physiquement, elle en avait la capacité. Mentalement, elle était prête. Mais cette fois, l’enjeu dépassait le sport. Et c’est ce qui rend l’épisode encore plus douloureux.
« J’étais en plein effort, sous adrénaline, quand j’ai reçu l’appel. Tout est devenu flou », raconte-t-elle.
Elle sait qu’en restant discrète, elle aurait sans doute pu courir sans encombres. Mais elle assume son choix d’avoir parlé, d’avoir mis en lumière une cause qui lui tient à cœur.
Courir, malgré tout
Sarah Porter ne compte pas s’arrêter là. D’autres courses sont prévues cette année, d’autres occasions de porter la voix de celles qu’on tente de faire taire. La Spine Challenger s’est arrêtée tôt, mais son engagement, lui, continue.
À travers elle, c’est une réalité souvent invisible qui s’est invitée dans le monde du trail. Une réalité où courir devient un acte politique. Où une ligne de départ peut devenir une ligne de front.





