Dans Ouest-France, le docteur Philippe Loiselet, cardiologue du sport à Cherbourg et lui-même traileur, a lancé une déclaration forte :
« De plus en plus de jeunes prennent de la cocaïne pour être performant. »
Un constat inquiétant, ancré dans les réalités de terrain, qui jette une lumière crue sur certaines dérives actuelles dans le milieu du running et du trail.
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Pourquoi des coureurs, souvent jeunes et amateurs, se tournent-ils vers une drogue dure pour courir ? Voici six raisons principales.
Parce qu’ils veulent masquer la fatigue et repousser les limites
La cocaïne est un stimulant qui provoque un sentiment temporaire de puissance, de vivacité, et une réduction de la sensation de fatigue. Chez certains sportifs, notamment ceux qui enchaînent les longues distances ou les entraînements intenses, cette illusion de fraîcheur devient une tentation.
Dans un monde où l’on attend toujours plus — plus vite, plus fort, plus loin —, cette substance apparaît comme une “solution” rapide, surtout lorsqu’on a intégré que la souffrance est normale, voire valorisée dans la culture trail.
Parce que la douleur est devenue banale
Le trail est une discipline rude, où l’on grimpe, descend, trébuche, souffre… et où l’on apprend à l’accepter. Mais parfois, cette acceptation vire à l’aveuglement. Des anti-inflammatoires avant une course ? Banalisés. Des antalgiques au 80e km ? Acceptés. Et après ? Une ligne de cocaïne pour “finir”, pour “tenir”.
Dans Ouest-France, Philippe Loiselet rapporte que selon un intervenant médical de l’UTMB 2025, la moitié du peloton serait sous anti-inflammatoires, antalgiques… voire cocaïne. Cette estimation reste à vérifier scientifiquement, mais elle confirme une tendance : des pratiques à risque se normalisent dans le silence.
Parce que la pression des réseaux sociaux est forte
Chaque sortie peut être chronométrée, analysée, partagée. Chaque course devient une vitrine. Sur Strava, sur Instagram, sur TikTok… les coureurs ne courent plus seulement pour eux. Ils courent pour être vus, aimés, reconnus.
Pour certains, surtout les plus jeunes, cette pression devient étouffante. Il faut performer, progresser, publier. Et quand le corps ne suit pas, c’est la tentation de tricher. La cocaïne, comme d’autres produits, devient alors un outil de « mise à niveau », un masque chimique qui cache la fatigue… mais précipite l’effondrement.
Parce qu’ils veulent aller plus vite sans attendre
L’ultra-endurance est une école de la patience. Mais dans une société de l’instantané, tout doit aller vite : le corps doit s’adapter, les performances doivent grimper, les résultats doivent venir. Cette impatience pousse certains à brûler les étapes — au sens propre comme au figuré.
La cocaïne agit vite. Elle donne une impression de contrôle, d’énergie, de capacité supérieure. Pour qui veut doubler un palier, elle semble magique. Jusqu’à ce que le revers arrive : addictions, troubles cardiaques, dépression, isolement.
Parce qu’ils sont seuls, sans encadrement
Le trail, même pratiqué en groupe, reste un sport profondément individuel. Et beaucoup de coureurs, même investis, ne sont suivis par aucun préparateur physique, médecin ou psychologue. La souffrance est donc gérée à l’instinct — ou refoulée.
Philippe Loiselet milite pour un encadrement plus structuré, en particulier pour les jeunes adultes. Il défend l’instauration du Parcours Prévention Santé (PPS), obligatoire depuis 2026 pour s’inscrire à une course officielle :
« C’est une façon de responsabiliser le coureur. Il doit se poser la question : suis-je en état de courir cette épreuve ? »
Parce que le sport cache parfois une fragilité profonde
Enfin, certains ne courent pas pour le plaisir. Ils courent pour fuir. Fuir un mal-être, un vide, une angoisse. Chez ces profils, le sport est un refuge, mais aussi une fuite en avant. Et les drogues peuvent s’y greffer discrètement.
Cocaïne, mais aussi somnifères, tranquillisants, antidépresseurs… Le sport devient alors un écran qui empêche de voir la détresse derrière la performance. Une détresse qui reste trop souvent invisible, jusqu’à l’accident.
En résumé, ce n’est pas le trail le problème
Le running est un formidable vecteur de bien-être, d’estime de soi, de résilience. Mais comme toute passion, il peut déraper. Et quand il devient obsession, besoin de contrôle ou quête de reconnaissance, il attire aussi des pratiques à risque.
Ce que rappelle le témoignage du docteur Loiselet dans Ouest-France, c’est qu’il est urgent de regarder ces dérives en face. D’en parler. D’ouvrir le débat. Non pas pour diaboliser les coureurs, mais pour les protéger.
Notre video youtube sur la cocaïne dans le trail
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🟩 Besoin d’aide ? Voici les numéros utiles en France
Si vous êtes concerné(e) par une consommation de cocaïne ou d’autres substances, ou si vous vous posez simplement des questions, plusieurs dispositifs d’écoute et d’accompagnement existent. Tous sont gratuits, anonymes et sans jugement.
- Drogues Info Service : 0 800 23 13 13 — 7 j/7 de 8h à 2h
- Alcool Info Service : 0 980 980 930 — 7 j/7
- Fil Santé Jeunes (jusqu’à 25 ans) : 0 800 235 236 — écoute, conseils, orientation
- CSAPA : Centres de soins en addictologie — prise en charge gratuite et confidentielle, près de chez vous
Vous pouvez aussi poser vos questions ou trouver un centre sur le site www.drogues-info-service.fr.



















