Alors que les médecins commençaient à douter, que les diagnostics tombaient à côté et que la lassitude guettait même les spécialistes les plus bienveillants, Germain Grangier, lui, n’a jamais baissé les bras.
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Face à une pathologie rare, déroutante et difficile à identifier, il s’est battu sans éclats de voix, avec méthode, patience… et une immense pudeur. Ce n’est pas seulement un athlète qui s’est accroché à son envie de recourir. C’est un homme qui, en partageant avec justesse son parcours médical, a ouvert une brèche utile pour la médecine, pour la recherche, et pour tous ceux – coureurs ou non – confrontés à des troubles encore mal compris.
Dans le monde du trail élite, la gestion des blessures dit souvent beaucoup plus sur un athlète que son chrono.
Malheureusement, certaines figures publiques semblent avoir pris l’habitude de transformer chaque entorse ou chaque gêne passagère en mélodrame numérique. La moindre douleur devient prétexte à de longues plaintes, à des posts larmoyants sur les réseaux, souvent accompagnés de commentaires compatissants et de selfies alanguis sur un lit médicalisé.
Cela peut agacer. Et pour cause : cette mise en scène répétée, loin de rendre ces athlètes plus humains, les éloigne de ce qui fait la noblesse du trail. Le sport n’est pas que performance. Il est aussi pudeur, humilité et résilience silencieuse. Quand la blessure devient un outil de communication, quand elle écrase tout le reste et transforme l’athlète en victime professionnelle, il n’y a plus d’inspiration, seulement de la lassitude.
Ce n’est pas une question de nier la souffrance. Mais dans une époque où beaucoup de coureurs amateurs se battent eux aussi avec des douleurs, des diagnostics tardifs ou des protocoles incertains, la manière de partager une blessure compte. Est-ce qu’on se place au centre ? Ou est-ce qu’on choisit d’ouvrir une porte utile aux autres ? C’est là que certains grands noms tracent une ligne différente. Et parmi eux, Germain Grangier incarne un exemple lumineux.
En 2024, Germain Grangier, l’un des ultra-traileurs français les plus respectés voit ses jambes « décrocher » au cœur de l’UTMB.
Ce n’est pas une simple alerte : les symptômes persistent, s’aggravent, jusqu’à rendre les gestes du quotidien impossibles. Germain Grangier aurait pu se taire. Ou se plaindre. Il a choisi une autre voie : documenter, expliquer, transmettre.
Son parcours médical, fait de tâtonnements, d’examens techniques et de consultations multiples, le mène à un diagnostic encore méconnu : une compression neurodynamique, un blocage des nerfs à l’effort, qui n’apparaît pas au repos. Loin de garder l’expérience pour lui, il décide de la rendre publique. Il explique les démarches, les tests, les faux diagnostics. Il nomme les spécialistes, décrit les doutes, partage les interrogations, y compris les plus angoissantes. Et il le fait avec calme, humour, précision.
Le plus fort, c’est que ce témoignage dépasse le simple cas personnel. Depuis qu’il en a parlé, des dizaines d’athlètes, pros ou amateurs, disent se reconnaître. Des médecins s’y intéressent. Des chercheurs lancent des protocoles. Un interne va rédiger une publication scientifique à partir de son cas. Et même son sponsor, la marque ON, se penche désormais sur le rôle que pourraient jouer certains modèles de chaussures dans ces compressions nerveuses mal identifiées.
Autrement dit : en parlant, Germain Grangier fait avancer la science. Il crée du lien entre les médecins, les sportifs, les industriels. Il incarne une nouvelle forme de responsabilité chez les élites du trail, qui ne se contentent plus de courir, mais qui assument un rôle de passeurs, de déclencheurs de progrès. C’est tout sauf du « ouin-ouin ». C’est une manière inspirante, utile et courageuse de traverser la blessure.
Et le plus beau ? C’est que Germain reprend doucement. Il skie. Il sourit. Il ne dramatise rien. Il donne de l’espoir sans jamais jouer les héros. Il nous rappelle que ce sport, même quand il blesse, peut encore soigner.
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