Après une année 2025 éprouvante et une opération salvatrice à l’automne, Germain Grangier renoue peu à peu avec l’élan du mouvement.
Celui dont les jambes l’avaient littéralement lâché, au point de ne plus pouvoir descendre une marche sans vaciller, reprend doucement pied. Plus d’un mois après son intervention chirurgicale, il a retrouvé de la force dans ses chevilles, du tonus dans ses pieds, et surtout une lueur d’espoir.
L’objectif est clair, affirmé avec calme mais détermination : un jour, recourir un 100 miles.
Germain Grangier a souffert d’une blessure rare qui a mis sa carrière entre parenthèses
Tout commence par une alerte floue, presque insidieuse, après son abandon à l’UTMB 2024. À l’époque, personne — pas même lui — ne mesure encore la gravité du problème. Mais les symptômes s’accumulent, étranges et déconcertants. Il n’arrive plus à contracter ses quadriceps. Ses muscles fondent à vue d’œil. Les examens s’enchaînent, les diagnostics tardent, l’angoisse monte. Ce n’est qu’après des mois d’errance médicale que le verdict tombe : perte d’innervation musculaire, une pathologie aussi rare qu’invalidante. Pour un ultra-traileur, c’est un couperet.
Le corps à l’arrêt, l’esprit en suspension
Durant cette période de flou, Germain Grangier n’a pas seulement dû gérer une blessure physique, il a dû encaisser l’incertitude. Son quotidien, autrefois rythmé par les kilomètres et les dénivelés, est devenu celui d’un homme forcé à l’immobilité. Le trail, son moteur, s’est soudainement transformé en horizon inaccessible. Il l’a confié sans détour : il ne contrôlait plus ses jambes. L’image d’un corps entraîné, affûté, subitement privé de sa fonction première est celle d’un choc silencieux, douloureux, invisible.
Une opération, puis un long chemin vers le mouvement
Fin octobre 2025, Germain passe enfin sur la table d’opération. C’est une délivrance autant qu’un nouveau départ. L’intervention vise à libérer les nerfs comprimés et permettre une récupération progressive. Un mois plus tard, les premiers signes positifs apparaissent. Il retrouve de la stabilité, recommence à marcher, puis à skier. L’hiver devient alors un terrain de jeu prudent, propice à la rééducation.
Dans un podcast publié récemment sur Ouest France, on découvre un homme apaisé, lucide, reconnaissant. Il ne parle pas de revanche, ni de performance. Il parle de progression, de patience, de retour à soi. Mais il l’a aussi dit clairement : il veut recourir un 100 miles. Pas pour prouver quoi que ce soit. Mais pour reprendre le fil de sa trajectoire, là où elle s’était brisée.
Pour l’instant, Germain skie. Il renforce ses appuis. Il retrouve des sensations. Il écoute son corps et le reconstruit. Ce n’est pas encore l’heure des sentiers escarpés ni des ravitos nocturnes, mais ce n’est plus non plus celle du doute permanent. Il sait qu’il a besoin de temps. Et il s’en donne.
Il l’a promis à lui-même : il retournera sur un ultra. Pas pour cocher une case, mais pour retrouver ce qui donne sens à sa pratique — cette fusion entre l’effort long, la nature brute, et le dépassement de soi. Il est encore tôt pour annoncer une course, un objectif, une date. Mais la direction est posée. Et elle pointe clairement vers un futur en sentiers.
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