La mort d’un coureur de 59 ans survenue durant la course de 24 km de la SaintéLyon a suscité une vague de réactions en ligne, mêlant émotion, incompréhension et critique ouverte du système de prévention mis en place par la Fédération Française d’Athlétisme.
Au-delà de l’émotion immédiate, les échanges entre internautes révèlent les failles d’un débat de fond : comment prévenir ces drames sans tomber dans la sur-réglementation ou l’illusion de contrôle total ?
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Le PPS devient payant en 2026 — un tournant contesté
Depuis sa mise en place en 2024, la Fédération Française d’Athlétisme avait remplacé le certificat médical obligatoire par un Parcours de Prévention Santé gratuit, basé sur des vidéos de sensibilisation et un questionnaire santé à compléter en ligne.
Mais à partir de janvier 2026, ce dispositif gratuit sera transformé en Pass payant : son coût sera fixé à 5 €, valable un an (au lieu de 3 mois actuellement) et le pass devra être joint à toute inscription à une course.
Pour beaucoup de coureurs et d’organisateurs, cette décision passe mal : ce petit montant supplémentaire est perçu comme une taxe déguisée imposée à tous, et risque de dissuader des coureurs — en particulier les occasionnels ou ceux inscrits à une seule course par an.
Certains dénoncent un “racket organisé”, pointant l’écart entre le coût symbolique et les enjeux réels de santé, estimant qu’un questionnaire en ligne ne remplace pas un vrai bilan médical.En filigrane, c’est une remise en question du contrat implicite entre institution fédérale et coureurs : sécurité, accessibilité, liberté de courir, et responsabilité collective. Ce passage au payant transforme le PPS en un droit d’entrée — et relance un débat sur la santé, la prévention et le modèle économique du running en France.
Notre article sur ce décès sur la SaintéLyon
SaintéLyon : décès d’un coureur à 2 km de l’arrivée de la SaintéSprint
Condoléances de la communauté
Face à l’annonce du décès à 2 km de l’arrivée de la Saintesprint, la majorité des internautes ont d’abord exprimé leur tristesse, leur compassion pour les proches, et leur respect pour les coureurs qui ont tenté de lui porter secours.
Les messages de condoléances abondent, entre emojis en larmes et formules sobres. Mais ce deuil collectif, très sincère, a rapidement laissé place à une série de questions, souvent posées avec colère ou incompréhension.
Le PPS en question



Le système de Parcours Prévention Santé, mis en place récemment pour remplacer le certificat médical, est rapidement devenu le cœur du débat.
De nombreux commentaires dénoncent son inefficacité, le qualifiant de “mesure écran” ou de “formalité en ligne”, incapable de détecter les risques réels, en particulier les troubles cardiaques. Plusieurs internautes affirment que seul un électrocardiogramme ou un test à l’effort en cabinet médical aurait pu détecter une fragilité. Pour certains, ce drame illustre un “échec de la Fédération”, accusée d’avoir privilégié la simplification administrative au détriment de la sécurité.
En réponse à ces critiques, d’autres rappellent que le certificat médical en lui-même n’a jamais constitué une garantie absolue. Plusieurs témoignages évoquent des médecins généralistes signant “par habitude” sans examen approfondi. D’autres rapportent des cas de sportifs décédés malgré des bilans médicaux rassurants, y compris avec des tests à l’effort. Le débat glisse alors sur la question de la responsabilité : que peut-on raisonnablement prévenir ? Jusqu’où peut-on aller dans la médicalisation de la pratique amateur ?
L’âge du participant en question
À 59 ans, le coureur décédé n’était ni un débutant ni un inconscient. Il participait à une course de 24 kilomètres, distance exigeante mais couramment pratiquée par des sportifs expérimentés de tous âges. Pourtant, plusieurs commentaires laissent entendre qu’un tel effort “à son âge” serait une imprudence. Ces propos ont immédiatement suscité des réactions indignées, dénonçant un “âgisme latent” et rappelant qu’il est au contraire bénéfique de rester actif en vieillissant. Pour d’autres, au contraire, la soixantaine impose un cadre médical renforcé, et une forme de prudence dans le choix des épreuves.
La symbolique de la mort en question
Certains messages, minoritaires mais marquants, avancent l’idée que mourir en courant serait, d’une certaine manière, une “belle mort”. Une façon de souligner qu’il est parfois préférable de s’éteindre en pleine action plutôt que dans la passivité. Cette vision, très ancrée dans la culture trail, où l’effort est souvent lié à une forme de quête existentielle, peut cependant heurter d’autres sensibilités, qui y voient une banalisation du drame.
En résumé, ce décès sur la SaintéLyon doit ouvrir une réflexion collective
Entre ceux qui appellent au retour pur et simple du certificat médical, ceux qui souhaitent un dépistage plus complet (ECG obligatoire passé chez un spécialiste), et ceux qui estiment qu’aucune mesure ne peut tout empêcher, le débat reste profondément divisé. Une voix revient pourtant régulièrement : celle qui plaide pour un simple retour à la consultation médicale annuelle, encadrée, avec un professionnel de santé compétent. Pas une vidéo, pas un formulaire en ligne, mais une rencontre physique avec un médecin, même généraliste, au moins une fois par an.
Le drame survenu pendant cette course a ravivé toutes les tensions autour du système actuel de prévention en trail et en course à pied. Il interroge autant la responsabilité des organisateurs que celle des institutions, sans oublier celle des coureurs eux-mêmes. Loin d’être consensuel, le débat oppose parfois violemment des visions opposées du sport : performance et liberté contre sécurité et contrôle.
Mais une chose semble faire l’unanimité : cette disparition ne peut pas être une simple fatalité balayée d’un revers de main. Elle doit au contraire servir de point de départ à une réflexion collective, lucide et apaisée, sur la manière dont la course à pied peut continuer à rassembler sans faire courir de risques inutiles.
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