L‘homme devant sur cet UTMB : Tom Evans
Sur l’UTMB, ils courent depuis plus de dix heures. En pleine nuit, les favoris ont lâché les chevaux, les écarts se sont creusés… François D’Haene a abandonné. L’UTMB 2025 a basculé dans sa deuxième moitié.
L’UTMB, c’est la course reine du trail mondial. Une boucle mythique de plus de 170 kilomètres autour du Mont-Blanc, à travers la France, l’Italie et la Suisse. Un ultra d’une telle intensité qu’il se court en grande partie de nuit. Et cette nuit-là, justement, a tout changé.
Pourquoi la nuit compte autant à l’UTMB
C’est pendant l’obscurité que les organismes sont mis à rude épreuve. Le sommeil manque, la température chute, le silence s’installe. Courir la nuit, c’est courir contre soi-même autant que contre les autres. Les coups de moins bien s’y paient cash, et c’est souvent là que les grands noms tombent. C’est aussi à ce moment-là que les outsiders prennent des risques. Et cette année n’a pas échappé à la règle.
Résumé de la nuit : François D’Haene a abandonné, Théo Détienne a craqué, Tom Evans fonce
Tout avait pourtant bien commencé pour Théo Détienne. Le Français menait la course avec assurance, jusqu’à creuser un véritable écart dans la montée du refuge Bertone (km 87). Mais le rythme effréné s’est retourné contre lui. Peu après Arnuva (km 99), il commence à lever le pied. Tom Evans, jusque-là discret, hausse soudainement le ton dans la montée du Grand Col Ferret. Il passe au sommet en tête, suivi de près par Ben Dhiman, tandis que Détienne plonge au classement, rejoint et dépassé par Jonathan Albon.
Et François D’Haene ? Légende vivante de l’UTMB, il a quitté la course durant la nuit. Les conditions météo difficiles, le rythme, l’usure des années : l’équation était trop complexe à résoudre cette fois. L’abandon n’a pas encore été détaillé, mais il est désormais confirmé.
Tom Evans
Ancien capitaine de l’armée britannique, Tom Evans s’est rapidement imposé comme l’un des ultra-traileurs les plus complets de sa génération. Médaillé aux Mondiaux de trail, vainqueur de la CCC, de la Western States et plusieurs autres grands ultras, il allie rigueur militaire, science de la course et vitesse redoutable. Très à l’aise sur les formats 100 miles, il excelle dans les courses roulantes et tactiques. Solide dans les montées, il brille surtout par sa régularité et ses capacités de relance. À 33 ans, il est dans sa pleine maturité athlétique.
Le jour se lève sur une course relancée. Evans et Dhiman mènent désormais la danse, avec Jonathan Albon en embuscade. Théo Détienne, toujours troisième, semble accuser le coup. La suite du parcours, légèrement raccourci en raison de la météo, s’annonce décisive : les montées vers La Fouly, Champex, Trient et Vallorcine sont longues, roulantes et exigeantes mentalement. Un terrain idéal pour Tom Evans, dont l’expérience et la régularité pourraient faire la différence. Le duel anglo-américain promet de faire exploser la course dans la seconde moitié, avec une arrivée prévue à Chamonix environ 45 minutes plus tôt que prévu. Le public va retrouver les coureurs au lever du jour. Le suspense reste entier : qui tiendra jusqu’au bout ?
Et comme souvent, Courtney Dauwalter continue d’écrire sa propre légende : seule en tête chez les femmes, elle vient de franchir Arnuva avec plus de vingt minutes d’avance sur ses poursuivantes.