Favoris UTMB 2025
François D’Haene est-il encore capable de gagner ?
Alors qu’il s’élancera ce soir à 17h45 sur l’UTMB 2025, François D’Haene cristallise les espoirs du public français. Triple vainqueur à Chamonix, le traileur du Beaufortain revient sur la course-reine après trois ans d’absence.
Mais derrière son statut de légende, une question dérange plane : peut-il encore s’imposer face à une génération plus rapide, plus fraîche, plus affûtée ?
François d’Haene, favoris de l’UTMB 2025
En 2021, François D’Haene avait dominé l’UTMB avec une aisance presque insolente. Il rejoignait alors Kilian Jornet au sommet du palmarès, avec quatre victoires. Depuis, les choses ont changé.
Blessé gravement à la cheville en 2022 (triple fracture de la malléole), il a connu une longue traversée du désert, rythmée par des doutes, des douleurs et une baisse d’activité sur les formats classiques du circuit UTMB.
Et pourtant, en 2025, il revient. Pas en favori officiel selon les algorithmes, mais avec des signaux forts.
En mai, il remporte le Transylvania 100, un 100K exigeant. En juillet, il pulvérise le record de la Nolan’s 14, l’un des défis de montagne les plus engagés des États-Unis. Deux performances qui prouvent que le moteur tourne encore, du moins sur le très long.
Mais l’UTMB a changé… et lui aussi
Le problème, c’est que l’UTMB n’est plus vraiment un ultra de montagne comme les autres. C’est devenu un 100 miles très rapide, où l’allure constante, la précision des appuis, la gestion nutritionnelle et la vitesse pure jouent un rôle de plus en plus décisif. En 2025, les vainqueurs ne marchent presque plus : ils courent.
Beaucoup. Longtemps. Fort.
Et D’Haene ?
Il reste redoutable sur les formats extrêmes comme le Tor des Géants. Mais sur une course où il faut tenir 170 kilomètres à vive allure, son corps n’a plus les mêmes certitudes. Sa cheville est remise, mais pas aussi mobile qu’avant.
Son UTMB Index en témoigne : 865. Un chiffre en dessous des grands noms de cette édition — Tom Evans, Ben Dhiman, Germain Grangier, Thibaut Garrivier, voire même Ludovic Pommeret, pourtant de sa génération, qui affiche 896.
Un plateau élite plus dense que jamais
Face à lui, les prétendants se bousculent. L’Américain Ben Dhiman, sur une trajectoire ascendante, a remporté coup sur coup le Grand Raid du Ventoux et le Lavaredo Ultra Trail.
Le Britannique Tom Evans, bien connu des suiveurs du circuit, enchaîne les podiums et les victoires sur les formats UTMB.
Jonathan Albon, l’un des meilleurs coureurs montagne du monde, possède l’index le plus élevé de tous les engagés. Même les Français sont nombreux à pouvoir briller : Germain Grangier, Thibaut Garrivier, et le jeune Théo Detienne, récent vainqueur du 90 km du Mont-Blanc, pourraient bien créer la surprise.
Autant dire que le top 10 sera déjà difficile à atteindre. La victoire ? Un exploit.
Et pourtant, tout reste possible
François D’Haene n’est pas un homme de statistiques. C’est un coureur de vécu, de ressenti, de résilience. Il n’a rien à prouver. Il connaît chaque montée du parcours, chaque descente piégeuse, chaque point de rupture. Il sait attendre son heure, gérer l’altitude, les gels, les imprévus.
Il ne court pas pour les sponsors, ni pour les réseaux sociaux. Il court parce qu’il aime ça. Et parfois, ça suffit.
S’il pleut. S’il fait froid. Si la course devient chaotique. Si les jeunes explosent dans la nuit. Alors il restera debout, solide. Il ne reviendra pas pour gagner. Mais s’il le fait, ce ne sera pas un miracle. Ce sera un rappel : les légendes ne meurent jamais.