Dans l’univers du running, du trail et de l’ultra, l’abandon – ou DNF, « Did Not Finish » – fait partie du jeu. Mais ce qui interroge, ce n’est pas tant le fait d’abandonner ou d’être mis hors course, que la manière de le justifier. À écouter certains, ce n’est jamais de leur faute. Bouchons, barrières horaires mal pensées, ravitaillements mal placés, météo capricieuse, bousculades au départ… ou même un bobo malchanceux qui tombe pile le jour J. Tout, sauf leur propre responsabilité. Et c’est bien là le problème.
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DNF et le syndrome de l’excuse permanente
On entend tout. Et souvent, on entend tout le temps les mêmes excuses. Les barrières horaires ? « Absurdes, conçues par des gens qui n’ont jamais couru ». Les bouchons ? « J’ai perdu 30 minutes dans une descente ». Les ravitos ? « Rien ne passait, c’était mal organisé ». La blessure ? « J’ai eu mal dès le départ, mais c’est la faute au stress ou à ma literie d’hôtel ». Et bien sûr, les fameux coups d’épaule du départ, dignes d’un sprint olympique…
Tout est bon pour ne pas regarder en face ce que l’abandon révèle. Pas un échec, mais un écart entre le fantasme et la réalité. Entre l’envie de finir… et les moyens qu’on s’est donné pour y parvenir.
Se remettre en question, c’est progresser
Un abandon ne doit pas être une honte. Mais en faire une suite d’alibis automatiques empêche tout apprentissage. Si tu veux progresser, il faut oser se poser les vraies questions. Est-ce que j’ai sous-estimé la difficulté ? Est-ce que je me suis bien entraîné ? Est-ce que je suis arrivé reposé ? Est-ce que j’ai choisi la bonne stratégie de course, de nutrition, d’allure ?
Et surtout : est-ce que j’ai choisi la bonne course ? La bonne distance ? Parce que parfois, ce n’est pas l’organisation ou la météo qui sont en cause, mais juste un objectif mal calibré par rapport à son niveau du moment.
Le trail et la course à pieds sont des disciplines exigeantes. Ils récompense la lucidité, pas le déni. Ce sont justement ceux qui osent regarder leur DNF en face qui reviennent plus forts. Pas ceux qui s’inventent un récit héroïque où tout le monde est fautif, sauf eux.
on ne progresse pas sans lucidité
S’excuser, c’est humain. Mais si à chaque fois qu’un dossard finit dans le sac à dos au lieu de passer la ligne d’arrivée, la faute est toujours externe… alors il y a peu de chances que ça change. Et c’est bien dommage, car chaque abandon peut être une leçon. Encore faut-il être prêt à l’écouter.
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