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🎧 À seulement 23 ans, Noa Ohms vient de terminer la Diagonale des Fous à la 15e place, en 28 h 06.
Une performance impressionnante pour ce jeune Franco-Allemand qui revendique une manière assez inhabituelle d’aborder l’ultra-trail : pas d’entraîneur personnel, pas de nutritionniste et pas de programme d’entraînement rigide. Dans un entretien accordé à Esprit Trail Magazine, il explique pourquoi il préfère conserver sa liberté plutôt que de chercher à optimiser chaque détail de sa préparation.
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Noa Ohms, 15e de la Diagonale des Fous à seulement 23 ans
La Diagonale des Fous 2026 a confirmé l’émergence d’un jeune coureur particulièrement prometteur. Sur les 180 kilomètres et plus de 10 000 mètres de dénivelé positif du Grand Raid de La Réunion, Noa Ohms s’est classé 15e au général en 28 h 06.
Une performance d’autant plus remarquable qu’il s’agissait de sa deuxième participation à cette épreuve réputée pour sa difficulté.
Quelques mois auparavant, en avril 2026, le jeune Franco-Allemand avait déjà frappé fort aux États-Unis en remportant le 100 miles des Canyons Endurance Runs by UTMB. Une victoire qui lui a notamment permis d’obtenir sa qualification pour l’UTMB 2027.
Mais contrairement à ce que ses résultats pourraient laisser imaginer, Noa Ohms ne semble pas pressé d’adopter tous les codes du sport de haut niveau.
Il court sans coach et refuse de tout planifier
À une époque où les plans d’entraînement personnalisés, les stratégies nutritionnelles et l’analyse des données occupent une place croissante dans le trail, le fonctionnement de Noa Ohms détonne.
Dans un entretien accordé à Esprit Trail Magazine, et relayé par le magazine sur Facebook, l’étudiant en école de commerce explique pourquoi il ne souhaite pas encore déléguer sa préparation à une équipe de spécialistes.
« Je n’ai pas envie que ce soit trop carré. J’ai l’impression de donner la manette à quelqu’un d’autre si je confie tout à des coachs. »
Il ne rejette pas nécessairement les connaissances scientifiques ni l’intérêt d’un accompagnement professionnel. Il souhaite simplement préserver une part d’autonomie dans sa pratique.
Cette distinction est importante. Courir sans entraîneur ne signifie pas nécessairement courir sans méthode. Cela signifie, dans son cas, vouloir rester maître de ses choix, de ses sensations et de ses expériences.
Son approche ne constitue évidemment pas une recette universelle. Sur des distances aussi exigeantes, la préparation physique, la gestion de l’alimentation et la prévention des blessures restent essentielles. Mais son parcours rappelle qu’il n’existe pas une seule manière de construire une progression sportive.
Il refuse aussi la pression qui accompagne les victoires
Le plus étonnant chez Noa Ohms n’est peut-être pas son absence d’entraîneur, mais son recul face à ses propres performances.
Après avoir remporté une course de 100 miles aux États-Unis, il aurait pu considérer que chaque nouveau départ devait désormais se transformer en victoire.
Il semble au contraire accepter que l’apprentissage de l’ultra-trail passe également par des échecs.
Comme il le confie à Esprit Trail Magazine :
« Pour faire de bons ultras, il faut faire des erreurs. Dès que tu gagnes, les gens pensent que tu peux tout gagner, et j’essaie de prendre de la distance avec ça. »
Une victoire peut rapidement créer des attentes disproportionnées. Il préfère garder ses distances avec cette pression extérieure plutôt que de se laisser enfermer dans un statut de favori.
À 23 ans, alors que de nombreux athlètes cherchent à accélérer leur professionnalisation, Noa Ohms choisit donc de ne pas brûler les étapes.
Son autre combat : rendre les trails accessibles aux étudiants
Au-delà des performances, le jeune coureur soulève une question qui concerne directement l’avenir du trail.
Comment attirer de nouveaux pratiquants lorsque les inscriptions aux courses représentent déjà une dépense importante ?
Étudiant lui-même, Noa Ohms connaît les contraintes financières que peut représenter cette passion. Entre les déplacements, les hébergements, les équipements et les dossards, participer à plusieurs compétitions dans l’année peut rapidement devenir difficile à financer.
Selon Esprit Trail Magazine, il souhaiterait que les organisateurs réfléchissent davantage à la mise en place de tarifs étudiants sur les inscriptions.
L’idée mérite d’être discutée.
Dans un sport où certaines grandes épreuves affichent des tarifs de plusieurs centaines d’euros, faciliter l’accès des jeunes coureurs pourrait contribuer au renouvellement des pelotons.
Car le risque est aussi de voir l’ultra-trail devenir progressivement une discipline plus accessible aux sportifs disposant d’un budget confortable qu’aux jeunes talents.
Les résultats de Noa Ohms montrent pourtant que le potentiel sportif n’attend pas nécessairement la fin des études ni l’arrivée d’un salaire.
La SaintéLyon 2026 pourrait être son prochain grand rendez-vous
Après la Diagonale des Fous, Noa Ohms envisage maintenant une quatrième participation consécutive à la SaintéLyon.
Sa progression sur cette course est particulièrement spectaculaire :
- 2023 : 639e
- 2024 : 31e
- 2025 : 8e
- 2026 : une nouvelle participation annoncée
Ces classements, rappelés par Esprit Trail Magazine, témoignent d’une progression impressionnante en seulement trois éditions.
Une place dans les cinq premiers en 2026 constituerait une nouvelle étape, même si rien ne permet évidemment de prédire son résultat.
À plus long terme, l’UTMB 2027 représentera une autre occasion de mesurer son potentiel face aux meilleurs spécialistes mondiaux de l’ultra-trail.
En résumé, Noa Ohms incarne une autre vision de la performance
Le parcours de Noa Ohms interroge finalement une tendance de fond dans la course à pied : faut-il nécessairement tout mesurer, tout programmer et tout optimiser pour progresser ?
L’entraînement structuré et l’accompagnement professionnel ont largement démontré leur intérêt, particulièrement à haut niveau. Mais le jeune Franco-Allemand rappelle qu’un athlète peut aussi chercher à construire sa carrière en préservant une certaine spontanéité.
Son exemple ne prouve pas que l’on court mieux sans coach. Il montre qu’un excellent niveau de performance peut, au moins à ce stade de son parcours, coexister avec une approche personnelle et moins encadrée.
Et derrière ses résultats, son idée de tarifs étudiants soulève peut-être une interrogation encore plus importante : à quoi bon vouloir développer le trail auprès des jeunes si les conditions financières les empêchent d’y participer ?
Source
- Esprit Trail Magazine, publication Facebook du 20 octobre 2026 consacrée à Noa Ohms, reprenant un entretien publié dans le magazine. Les déclarations du coureur citées dans cet article proviennent de cet entretien.
- Résultats sportifs : Grand Raid de La Réunion et Canyons Endurance Runs by UTMB.
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Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
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