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🎥 À Besançon, un chamois est devenu la cible d’une véritable opération de recherche après plusieurs attaques contre des coureurs et des promeneurs. Les autorités veulent identifier l’animal, dont le comportement agressif inquiète. Son éventuel abattage provoque une vive polémique chez les défenseurs de la faune sauvage.
Le titre a tout d’un mauvais film d’horreur. Un chamois qui attaque des joggeurs, des louvetiers chargés de le retrouver et une population qui se divise sur son sort. Pourtant, l’affaire est bien réelle et se déroule sur les hauteurs de Besançon, dans le Doubs.
Depuis la fin du mois de septembre 2026, plusieurs personnes ont été chargées par un chamois dans le secteur de la Chapelle-des-Buis, un endroit apprécié des coureurs à pied, des traileurs et des randonneurs.
Et si l’expression de « chamois tueur » prête à sourire, la réalité des blessures est beaucoup moins amusante. Aucun décès n’est à déplorer, mais une traileuse a été sérieusement blessée.
Le chamois tueur de joggeurs a déjà attaqué plusieurs personnes
L’affaire a pris une dimension particulièrement inquiétante le 1er octobre 2026.
Ce jour-là, une coureuse de 30 ans effectue son entraînement habituel sur les hauteurs de Besançon. Habituée à parcourir entre 60 et 80 kilomètres par semaine, elle connaît parfaitement les chemins du secteur.
Mais alors qu’elle redescend de la Chapelle-des-Buis, un chamois surgit et la percute violemment.
La sportive perd connaissance pendant plusieurs minutes. Elle est ensuite secourue et transportée aux urgences.
Le bilan est impressionnant : dix points de suture à l’épaule et dix-huit agrafes au niveau du crâne.
Quelques jours auparavant, le 28 septembre, un autre joggeur avait déjà été chargé dans le même secteur.
Et l’histoire ne s’arrête pas là.
Le dimanche 11 octobre, un randonneur signale à son tour avoir été chargé à plusieurs reprises par un chamois qu’il décrit comme un gros mâle.
Au total, trois incidents ont donc été rapportés en quelques semaines. Les autorités soupçonnent un même animal, sans avoir encore pu établir formellement qu’il est responsable de toutes ces attaques.
Les louvetiers sont mobilisés pour retrouver le chamois
Face à la répétition des incidents, la préfecture du Doubs a décidé d’intervenir.
Des lieutenants de louveterie, chargés notamment de certaines opérations de régulation de la faune sauvage, ont été sollicités pour identifier le chamois suspecté d’être à l’origine des attaques.
Dans un reportage diffusé par France 3 Bourgogne-Franche-Comté, l’un des intervenants explique que la difficulté consiste à reconnaître précisément l’animal responsable.
En effet, plusieurs chamois vivent dans le secteur. Il ne s’agit donc pas de tirer sur le premier individu rencontré.
Les personnes chargées des observations recherchent un comportement bien particulier : un chamois qui, contrairement à ses congénères, ne prendrait pas la fuite devant les humains.
Au contraire, l’animal pourrait rester face à une personne, effectuer des mouvements de tête et finalement avancer dans sa direction.
Lors du reportage, les équipes croisent justement un chamois adulte, tranquillement installé près de rochers.
L’animal observe les humains sans manifester d’agressivité.
Pour l’intervenant interrogé, il ne correspond pas au profil recherché.
La mission ressemble donc à une enquête : retrouver un individu précis parmi les animaux qui fréquentent régulièrement les hauteurs de la ville.
Le chamois recherché pourrait être abattu
L’intervention des louvetiers soulève une question autrement plus sérieuse : que se passera-t-il lorsque le chamois aura été identifié ?
Les autorités envisagent son abattage si son identification et son comportement justifient une intervention destinée à empêcher de nouvelles agressions.
Les services de l’État mettent en avant le risque encouru par les promeneurs et les sportifs. Les blessures subies par la coureuse au début du mois montrent qu’une charge peut avoir des conséquences graves.
Mais cette perspective ne fait pas l’unanimité.
Pour les défenseurs de la faune sauvage, il serait prématuré de supprimer un animal sans comprendre les raisons de son comportement.
Jean Chapuis, représentant de l’Association pour la protection des animaux sauvages (ASPAS) dans le Doubs, a notamment contesté la réponse des autorités auprès de France 3.
L’association estime qu’une meilleure compréhension des circonstances des attaques devrait précéder toute décision définitive.
Pourquoi ce chamois s’attaque-t-il aux joggeurs ?
C’est toute l’énigme de cette affaire.
Habituellement, les chamois se montrent relativement discrets et préfèrent s’éloigner lorsqu’ils rencontrent des humains.
Un comportement agressif et répété reste donc inhabituel.
Plusieurs pistes sont envisagées.
L’animal pourrait défendre un territoire qu’il considère comme le sien. La période automnale, à l’approche du rut des chamois, pourrait également jouer un rôle dans certaines réactions territoriales.
Autre hypothèse : un chamois habitué à la présence humaine pourrait avoir perdu une partie de sa méfiance naturelle.
Mais à ce stade, aucune explication n’a été formellement établie.
La difficulté est d’autant plus grande que les faits remontent potentiellement à plusieurs années.
En 2018 déjà, deux joggeurs avaient été attaqués dans ce secteur de Besançon. Les incidents avaient finalement cessé sans qu’un animal soit abattu.
S’agit-il du même individu huit ans plus tard ? Les intervenants interrogés par France 3 jugent cette possibilité peu probable, sans pouvoir apporter de réponse définitive.
Sur les réseaux sociaux, beaucoup défendent le chamois plutôt que les joggeurs
L’histoire provoque une vague de réactions sur Facebook.
Et ce qui frappe, c’est que les commentaires défendent très majoritairement le chamois, du moins parmi ceux consultés sous la publication consacrée à cette affaire.
Pour de nombreux internautes, l’animal ne ferait que défendre son espace naturel.
Certains proposent de détourner temporairement les parcours de course à pied, d’autres évoquent une capture suivie d’un déplacement vers un secteur moins fréquenté.
Plusieurs personnes dénoncent également une réaction disproportionnée des autorités.
Mais cette indignation pose une autre question : peut-on demander aux sportifs de renoncer à fréquenter des chemins publics parce qu’un animal sauvage y présente un comportement agressif ?
La situation dépasse ainsi largement le simple fait divers.
Elle oppose deux préoccupations légitimes : protéger les personnes qui pratiquent une activité de plein air et préserver des animaux sauvages qui évoluent dans leur habitat.
Reste que les circonstances exactes des attaques demeurent inconnues. Rien ne permet d’affirmer que les coureurs auraient provoqué l’animal.
En résumé, cette affaire rappelle que les sentiers ne nous appartiennent pas
Sur les chemins de trail, les rencontres avec les animaux sauvages font partie de l’expérience.
Chevreuils, sangliers, cerfs ou chamois croisent régulièrement les itinéraires des coureurs, notamment au petit matin ou dans les secteurs boisés.
La plupart du temps, ces rencontres ne présentent aucun danger.
Mais lorsqu’un animal ne fuit pas, adopte une attitude menaçante ou semble vouloir charger, la situation doit être prise au sérieux.
Le bon réflexe consiste à interrompre sa course, à garder ses distances et à ne jamais chercher à approcher l’animal pour le photographier ou le faire partir. Il faut lui laisser une possibilité de s’éloigner et, si nécessaire, rebrousser chemin sans geste brusque.
À Besançon, l’histoire est particulièrement troublante parce que les attaques semblent survenir dans un secteur fréquenté, et pas au fond d’une montagne isolée.
En résumé, le chamois recherché à Besançon n’a tué personne, mais il est soupçonné d’avoir multiplié les charges contre des sportifs et des promeneurs. Son comportement reste inexpliqué et son éventuel abattage divise profondément.
Une affaire qui pourrait presque faire sourire si une coureuse n’avait pas terminé son entraînement avec dix points de suture et dix-huit agrafes au crâne.
Et qui rappelle surtout qu’entre les humains qui veulent courir librement et les animaux sauvages qui occupent les mêmes espaces, la cohabitation n’est pas toujours aussi paisible qu’on l’imagine.
Sources
- France 3 Bourgogne-Franche-Comté, 9 octobre 2026 : « Deux joggeurs attaqués par un chamois à Besançon ».
- Reportage vidéo de France 3 Bourgogne-Franche-Comté sur les recherches menées par les louvetiers.
- Presse locale, octobre 2026, sur les agressions signalées dans le secteur de la Chapelle-des-Buis.
- u-Trail, 5 octobre 2026 : « Une traileuse violemment chargée par un chamois à Besançon ».
Auteur : Axelle Anne, est la fondatrice de la redac. Dans le web depuis 1998, elle a fondé de nombreux sites et s’est mise au trail en 2010. Anti-conformiste et sans langue de bois, elle a contribué à faire sortir le trail de sa niche pour magazine plan plan pour en faire un sport grand public. Depuis 2025, elle assiste impuissante aux dérives du trail.Vous pouvez contacter Axelle Anne par MP sur FB ou regarder ses vidéos YouTube.
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